Droit à mourir : "On risque de considérer progressivement la disparition des plus vulnérables comme une réponse acceptable"
Le 24 mars 2026, Noelia Castillo a été euthanasiée. L'émotion suscitée par son histoire était inévitable. Son parcours concentrait presque toutes les formes de vulnérabilité : une enfance brisée, des violences répétées, un viol collectif, une tentative de suicide aux lourdes séquelles, une paraplégie, une souffrance physique et psychique considérable.
Très vite pourtant, le débat public a quitté l'essentiel. À l'extrême droite, certains ont préféré nourrir les polémiques autour de rumeurs ou de l'identité supposée des agresseurs. À gauche, beaucoup ont surtout dénoncé les récupérations politiques ou religieuses de l'affaire. Chacun semblait avoir trouvé son adversaire. Presque personne ne regardait la question fondamentale.
Saint Augustin et la mort
Car l'affaire Noelia ne nous interroge pas d'abord sur l'immigration, les réseaux sociaux ou les instrumentalisations politiques. Elle nous oblige à répondre à une interrogation autrement plus profonde : que dit d'elle-même une société lorsqu'elle considère que la mort peut constituer une réponse à la souffrance d'une victime de violences extrêmes ?
À lire aussi : "C'est au patient et non à la médecine de décider si sa fin de vie est acceptable ou ne l'est pas"
Cette question touche à notre conception même de la dignité. Une grande partie de l'histoire intellectuelle européenne peut être lue comme l'extension progressive de l'égale dignité de tous les êtres humains. Les combats contre l'esclavage, pour les droits des femmes, la protection des plus pauvres ou la reconnaissance des droits des personnes handicapées procèdent d'une même........
