S’accorder sur une histoire du Liban commune, même sous les bombes, par l’écrivain Sabyl Ghoussoub
Je suis revenu vivre au Liban en janvier pour la deuxième fois de ma vie ou troisième ou quatrième, je ne sais plus et au moment où j’écris ces lignes, j’ai trouvé une nouvelle raison pour laquelle je suis rentré au pays. Une connaissance de travail en France m’a demandé de mes nouvelles hier soir, elle était inquiète. J’ai répondu avant de fermer les yeux : «Oui, ça va chérie, c’est dur mais ça va.» Le lendemain, premier message de la journée : «Ah ben je suis rassurée ! Bon évite de m’appeler “chérie” par contre.»
Je me suis souvenu du nombre de personnes qui m’ont appelé «chéri» le jour d’avant : le policier au carrefour, la caissière du supermarché, le pompiste à la station d’essence, des collègues, ma tante, ma cousine et j’en passe. On dit souvent qu’en temps normal, la vie est plus douce au Liban pour son soleil, sa mer, sa météo clémente. On pourrait aussi ajouter à cette liste les mots qu’on emploie entre nous pour échanger au quotidien. «Chéri» se traduit par habibe en libanais, habibte pour une femme et on utilise ce mot comme on boit de l’eau. Ici, nous sommes les chéris des uns des autres avant même de nous connaître. Après, c’est une autre histoire.
La guerre, comme l’histoire, n’est pas racontée à l’école
Dans les livres d’école au Liban, l’histoire s’arrête à l’indépendance du pays en 1943. Après, rien, net, c’est à la discrétion du professeur qui prendra le risque ou non d’aborder les sujets. La première raison de mon retour au pays était d’accompagner un projet intitulé «Sur les chemins
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