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Mort d’Ali Khamenei : la fin d’un symbole de la dictature et le début de l’incertitude

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Ali Khamenei est donc mort, le 28 février 2026. Lunettes noires carrées sous des sourcils épais, barbe grise et turban noir : en Iran, le visage faussement souriant du Guide suprême s’affiche partout, dans des fresques murales démesurées. A ses côtés, souvent, le regard du fondateur de la république islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, pèse toujours sur les Iraniens. Mais plus encore que ce dernier, c’est Khamenei qui, en régnant trente-six ans sur les quarante-sept que compte la république islamique, incarne ce régime qui a changé le Moyen-Orient et même le monde en 1979.

Mort de Ali Khamenei, impitoyable gardien de la révolution iranienne

Le 4 juin 1989, Khomeiny mourait. Ce matin-là, il semblait probable que ce régime, qui avait à peine dix ans, ne lui survivrait pas. C’est le contraire qui s’est produit : la guerre avec l’Irak terminée, la politique d’expansionnisme idéologique allait s’épanouir, sous la volonté de Khamenei. Les proxys, la promotion du terrorisme, les assassinats d’opposants en Iran et à l’étranger, le détournement massif des ressources, l’aventure nucléaire… Son mode de pouvoir, secret et exclusif, rejetant toute forme de compromis, son obsession de conquête extérieure, a dessiné ce qu’est l’Iran aujourd’hui. Hanté par la perestroïka russe, Khamenei avait la conviction profonde que seule l’intransigeance pourrait préserver le régime. Jusqu’à l’aveuglement ? Jusqu’à se croire intouchable pour se réunir avec des hauts responsables dans un lieu parfaitement identifié, sa résidence officielle au cœur de Téhéran ? Lui qui craignait plus que tout la chute du régime risque-t-il de la provoquer en ayant très peu préparé sa suite ?

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«Mort au dictateur !», «Mort à Khamenei !», avaient crié ces milliers d’Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue après avoir répondu aux appels de Reza Pahlavi, fils du chah déchu en 1979, et de Donald Trump qui leur avait assuré : «L’aide arrive !» Assurance restée lettre morte. Aujourd’hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s’écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l’incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu’un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n’aura de légitimité que s’il est écrit par les Iraniens d’Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux.

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