Jean-Yves Le Drian dans la tempête du Moyen-Orient
Comme si menacer de «détruire un pays tout entier» ne lui suffisait pas, le président américain a éprouvé le besoin, à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé à l’Iran, de mettre un coup de pression supplémentaire sur Téhéran en se déclarant prêt à éradiquer «une civilisation entière». Et ce n’est malheureusement pas que du gâtisme. Dans sa folie obsessionnelle, Donald Trump est convaincu qu’en faisant le plus peur possible, il parviendra à faire plier des dirigeants iraniens qu’il a qualifiés le week-end dernier de «sales bâtards» ou de «tarés». Au fond, il a toujours fonctionné ainsi : il écrase quiconque se place en travers de son chemin, c’est plus simple. Et tant pis si, en écrasant les dirigeants, il écrase aussi les civils iraniens qu’il avait pourtant promis, aux premiers jours de la guerre, de sauver des serres de leurs geôliers, il n’est plus à une contradiction près. Conscients de la dangerosité extrême du moment, où la moindre flammèche peut provoquer un embrasement général, les téléphones des leaders du monde entier n’ont cessé de crépiter mardi dans l’objectif de calmer un jeu qui s’apparente de plus en plus à la roulette russe. Premier effet concret de ces négociations tous azimuts, la libération des deux ex-otages français, Cécile Kohler et Jacques Paris, sortis in extremis de Téhéran pour regagner la France avant la fin de l’ultimatum américain, grâce à une médiation d’Oman.
La médiation, Jean-Yves Le Drian s’y connaît mieux que quiconque. Le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, l’appelle «Monsieur Jean-Yves» et il a son rond de serviette à la table de tous les leaders du monde arabe et même au-delà. Vieux briscard de la politique, dont il a connu toutes les fonctions, de maire de Lorient à ministre de la Défense puis ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian est devenu l’homme de confiance d’Emmanuel Macron au Liban et accessoirement dans les pays du Golfe où il a vigoureusement contribué à vendre des systèmes d’armes français, à commencer par le Rafale, à un moment où la concurrence américaine était rude. Il a vu ces dernières semaines tous ses efforts pour aider le Liban à se reconstruire anéantis par les frappes israéliennes alors qu’un léger mieux était en cours. Sera-t-il encore d’une quelconque utilité alors que le pays vacille sous les bombes israéliennes et que le Hezbollah ne désarme pas ? Jean-Yves Le Drian fait partie de ceux qui s’activent ces jours-ci, au Liban comme avec les pays du Golfe. Maintenir le dialogue, au moins, cela ne peut pas faire de mal.
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