En Iran et au Liban, passé un rapide soulagement, le réveil est brutal
Le feu va-t-il vraiment cesser au Moyen-Orient ? Dans la nuit de mardi à mercredi, l’apocalypse promise aux Iraniens semblait avoir été évitée lorsque, quelque quatre-vingt-dix minutes avant l’ultimatum qu’il avait lui-même fixé, Donald Trump a accepté le principe d’un cessez-le-feu avec l’Iran, grâce à la médiation du Pakistan.
Passé un rapide soulagement, au regard de l’ampleur des menaces trumpiennes («détruire la civilisation iranienne»), le réveil est brutal. Israël, qui annonce officiellement accepter la trêve avec l’Iran, s’est lancé mercredi dans une vaste offensive contre le Liban, mettant déjà à mal la possibilité d’une accalmie dans la région.
Autre signe du malentendu à l’origine de cette guerre malheureuse : Benjamin Nétanyahou et Donald Trump ne semblent toujours pas poursuivre les mêmes objectifs. Pour le président américain, l’affaire paraît déjà réglée même si, dans les faits, rien ne dit qu’il atteindra son objectif initial – au minimum, négocier un meilleur accord que celui conclu sous Barack Obama sur le nucléaire iranien.
Pas mieux qu’avant la guerre
Les déclarations tonitruantes et les milliers de bombardements semblent avoir surtout durci le régime à Téhéran, affaiblissant le pouvoir des religieux au profit des Gardiens de la révolution. Les proclamations de victoire de Donald Trump n’y changent pas grand-chose : la situation ne paraît pas mieux engagée qu’avant la guerre pour résoudre la question du nucléaire ou celle de l’oppression du peuple, sans oublier les victimes civiles du conflit.
Côté israélien, les objectifs sont sans doute plus clairs, mais peut-être encore moins réalisables : éradiquer la menace du Hezbollah et celle du nucléaire iranien. Mais quel accord sont-ils prêts à accepter ? Où se situe leur ligne rouge ? Le régime de Téhéran n’a pas totalement perdu ses capacités balistiques et reste un ennemi existentiel d’Israël. Au Liban, l’objectif affiché de détruire la présence du Hezbollah se solde par un bilan humain ravageur, menaçant d’en faire un nouveau Gaza.
Le reste du monde, affecté par le conflit via le blocage du détroit d’Ormuz qui a entraîné la disruption de l’économie mondiale, va peut-être doucement revenir à la normale. Mais au Moyen-Orient, tout reste à faire.
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