Vandalisme économique: quand le web devient une arme
EXPERTE INVITÉE. Il y a quelques mois, un client m’a appris qu’on parlait de moi dans un cercle d’entrepreneurs. Quand j’ai su qui avait lancé la conversation, mon air s’est rembruni.
Une personne, appelons-la Daniel·le, transmettait une image peu reluisante de moi et de mon entreprise… et ce, sans jamais avoir travaillé avec moi! Suite à un échange où iel s’était senti·e visé·e, Daniel·le m’avait bloquée sur LinkedIn. Ça s’est passé il y a plus de quatre ans. Disons simplement que Daniel·le a la couenne molle.
Cette campagne de salissage a un nom : le vandalisme économique.
Terme adopté par la professeure australienne Emma A. Jane, il décrit l’usage de tactiques hostiles visant à mettre en danger les moyens de subsistance d’une personne par le biais d’attaques numériques.
Cette sorte de vandalisme se déploie en ligne sous la forme de sabotage de réputation, d’annulation de contrats, d’atteinte à la confiance et à la crédibilité.
Et vous ne serez pas surpris de savoir que ce type d’attaque vise de manière disproportionnée les femmes entrepreneures.
Quand les femmes n’ont pas droit à l’erreur
Mon histoire avec Daniel·le est plutôt anodine, mais voici un cas plus sérieux.
L’affaire récente de la marque de mode Hanifa, fondée en 2011 par la designer congolo‑américaine Anifa Mvuemba, illustre bien à quel point les effets du vandalisme économique peuvent aller loin.
Après un événement promotionnel du Vendredi fou, des retards de production ont entraîné des retards de livraison de plusieurs semaines. Des clientes ont exprimé leur frustration en ligne.
Bien que les........
