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Privatiser la SAQ serait une erreur que l’on regrettera longtemps

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04.02.2026

EXPERT INVITÉ. S’il y a un débat qui ne cesse de revenir dans l’actualité, c’est bien la privatisation de la SAQ. Depuis aussi longtemps que je me souvienne, le sujet déchaîne les passions. D’un côté, il y a ceux qui souhaitent permettre au secteur privé de développer son propre réseau de vente et de l’autre, il y a ceux qui croient encore au modèle monopolistique actuel de la SAQ.

Je me retrouve ici entre l’arbre et l’écorce, car j’entretiens deux relations bien distinctes avec la SAQ. Il y a Nicolas, l’amateur de vin et spiritueux qui est un client (certains diraient assidu) du réseau depuis plus de 25 ans et Nicolas l’entrepreneur qui, depuis une quinzaine d’années, collabore étroitement avec la SAQ afin d’offrir et de vendre les produits de mon entreprise.

Grâce à mon expérience internationale depuis une dizaine d’années au cours desquelles nous avons développé différents marchés en France, en Angleterre, au Mexique, et au Japon, sans oublier les autres provinces canadiennes, je suis bien placé pour connaître les avantages et inconvénients du modèle qu’offre la SAQ.

Dernièrement, le débat sur la privatisation a refait surface. Les changements d’habitudes de consommation entraînant une baisse des ventes, les critiques de non-transparence des marchands privés concernant la gestion des nouvelles Zones SAQ, le choix de collaborer avec l’américaine Uber Eats pour la livraison à domicile et les pressions qu’exercent certains producteurs locaux pour avoir davantage de droits sur la vente de leurs produits… Tous ces éléments mettent les projecteurs, une fois de plus, sur le monopole d’État.

C’est le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau qui, en 1921, créa la Commission des liqueurs afin de mettre fin à la prohibition qu’avait tenté d’instaurer le premier ministre précédent, Lomer Gouin. Avec 53 magasins et 415 employés dès sa première année, on lui avait octroyé le monopole de l’importation, du transport et de la vente d’alcool afin d’éliminer la contrebande tout en........

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