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Mythos: le rappel que nous ne sommes que locataires de nos technologies

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17.06.2026

EXPERT INVITÉ. En coupant subitement l’accès à ses outils d’IA hors des États-Unis la semaine dernière, Anthropic a montré que les services dont dépendent nos organisations ne nous appartiennent pas et qu’il est temps d’agir en conséquence.

Vendredi, Anthropic a coupé l’accès à ses modèles d’intelligence artificielle parmi les plus avancés, dont le fameux Mythos. Pas seulement pour ses clients étrangers, mais pour tous les ressortissants non américains de la planète, y compris des employés d’Anthropic.

L’entreprise n’a pas choisi cette voie. Elle a reçu une directive du gouvernement américain, en fin de journée, au nom de la sécurité nationale. Pas d’explication détaillée. Pas de préavis. L’accès a été fermé dans la foulée.

Anthropic n’était pas d’accord. L’entreprise l’a dit publiquement et a entrepris des démarches pour rétablir le service. Cela n’a rien changé. Les modèles sont restés hors ligne, partout, le jour même.

Voilà les faits. Un outil que des organisations utilisaient le matin était inaccessible le soir, sur décision d’un État étranger, contre la volonté même du fournisseur. Chez nous, on a haussé les épaules: un incident, un malentendu, ça va se régler. C’est toutefois une mauvaise lecture de la situation.

Pourquoi ce n’est pas un accident

Ce blocage n’est pas un dérapage. Il découle d’une doctrine que Washington assume de plus en plus ouvertement.

L’idée est simple. L’information, les données et l’IA sont devenues des leviers de puissance, comme le pétrole et le dollar. On connaît les tarifs, les embargos pétroliers et les sanctions bancaires. La même logique s’applique désormais au numérique. Couper l’accès à une plateforme d’IA, c’est freiner l’innovation d’un concurrent, fragiliser ses institutions ou peser dans une négociation.

Cette logique repose sur........

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