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Le Québec manufacturier a besoin de tournées régionales pour briser le statu quo

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06.04.2026

EXPERT INVITÉ. Je roule ma bosse depuis 15 ans à parcourir les 17 régions administratives du Québec afin de partager mes vues sur les enjeux et l’avenir de l’économie. Le compteur est présentement à 320 présentations dans le cadre de 8 tournées manufacturières. Et il tourne toujours !

Outre la salle de conférence classique, j’ai présenté mes conférences dans des salles de bal, de nombreux planchers d’usine, une bibliothèque, une microbrasserie, une distillerie, un aquarium municipal, et j’en passe.

Je le fais surtout par respect pour mon auditoire.

Pour entamer un dialogue, face à face, avec ceux et celles qui sont à l’œuvre et représentent le dynamisme actuel et l’avenir des régions. C’est toujours moi qui en ressors grandi, en étant plus connaissant des réalités locales.

Mon engagement est ainsi toujours récompensé par mes apprentissages.

Chaque fois que je visite une ville, j’en ressors motivé, gagnant sur toute la ligne. Avec en prime le bénéfice du non-verbal lors des événements.

Rencontrer en personne les décideurs locaux, les chefs d’entreprise et leurs coéquipiers, les élus et la presse régionale est un atout colossal.

Ce réseautage informel est irremplaçable.

Et on va se dire les vraies affaires: ça ne peut se faire qu’en personne!

Une variété d’hôtes remarquables

Cela dit, pour effectuer une tournée régionale, ça prend des partenaires locaux pour nous recevoir.

Heureusement, le Québec des régions regorge d’organismes hôtes qui sont accueillants, qui peuvent vous insérer dans leur programmation, voire même vous ajouter à la toute dernière minute, selon les disponibilités.

Une seule fois en 15 ans, notre événement a été annulé par l’hôte au dernier moment. Mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Donc, pas d’inquiétude à cet effet, les probabilités sont de votre côté si vous faites des conférences.

Un impact puissant des tournées en appui au changement

La tournée gouvernementale «Manufacturier innovant» a été de loin la plus imposante et complexe à laquelle j’ai participé. 

Celle-ci comptait plus de 30 événements aux quatre coins du Québec. On sentait le «buzz» lorsque l’équipe arrivait dans les régions. L’intérêt était palpable. On sentait qu’on était attendus.

Le terme «manufacturier innovant» était sur toutes les lèvres comme si on vivait la transition en direct. On sentait l’ouverture au changement comme si l’évolution vers le numérique était inévitable.

Bref, tout le monde était concerné et faisait partie d’un mouvement irréversible, impossible à arrêter.

Le premier ministre du Québec lui-même participait à certains événements afin de démontrer l’importance du mouvement et l’évolution rapide attendue.

Ce n’est pas avec des sessions virtuelles, ou seulement avec des rencontres individuelles avec des chefs d’entreprise, qu’un tel mouvement aurait pu avoir un élan aussi dynamique.

Besoin d’un déclic pour un rattrapage urgent en productivité

La guerre commerciale avec les États-Unis nous amène à envisager l’inévitable.

On retrouve en arrière-plan des risques reliés à l’imposition de nouveaux tarifs et des négociations qui s’annoncent houleuses en 2026 pour renouveler l’ACEUM.

Il est maintenant clair que notre avenir passera par un sursaut important de la productivité de nos entreprises manufacturières.

Cette quête nationale et urgente bénéficierait d’une nouvelle tournée des régions du Québec.

Pour expliquer, discuter, proposer et déployer tous ensemble une stratégie nationale permettant aux entreprises de toutes les régions de faire des gains appréciables en productivité à court terme.

Rappelons que l’objectif est louable. Une entreprise plus productive se donne nécessairement une marge pour être plus résiliente afin d’absorber des tarifs potentiels.

Comme elle améliore ses liquidités, elle a donc moins besoin de l’aide gouvernementale lorsqu’il y a de forts vents de face, comme depuis janvier 2025.

Bref, tout le monde y gagne!


© Les Affaires