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Vendre son entreprise: une transition financière… et un sevrage identitaire

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18.12.2025

Un texte de Hugo Bouchard-Beaulieu, coach d’entrepreneurs, Bushido Coaching

LES IDÉES DES AFFAIRES. Vendre son entreprise constitue l’un des plus grands changements dans la vie d’un entrepreneur. C’est souvent l’aboutissement de plusieurs années (parfois de plusieurs décennies) d’efforts, de décisions risquées, de sacrifices et d’engagement. Sur le plan rationnel, il s’agit de l’une des transactions les plus importantes de sa carrière. Une grande vente. Une réussite.

Mais derrière l’excitation légitime que suscite la conclusion d’une transaction se cache aussi l’un des plus grands inconforts que puisse vivre un entrepreneur: la perte soudaine d’un rôle qui l’a structuré, défini et mobilisé pendant des années.

Car vendre son entreprise ne signifie pas seulement céder des actions ou transférer des actifs. Cela implique de laisser derrière soi un statut, une fonction, une utilité quotidienne et une identité profondément ancrée. Pour beaucoup, c’est la fin d’un «chapeau» porté si longtemps qu’il en devient presque indissociable de la personne.

La sortie entrepreneuriale n’est donc pas qu’une transition professionnelle ou financière. Elle marque une rupture identitaire majeure, souvent accompagnée d’un choc psychologique et biologique sous-estimé. Et lorsque cette réalité n’est pas reconnue, ses effets se déplacent ailleurs : dans les relations, dans la santé, dans la qualité de la transition… et parfois dans l’échec humain du transfert.

Un mode de fonctionnement à haute intensité

Être entrepreneur, ce n’est pas seulement diriger une organisation. C’est évoluer quotidiennement dans un environnement à forte intensité décisionnelle. Chaque journée est rythmée par des choix à poser, des problèmes à résoudre, des risques à assumer et des responsabilités à porter.

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