Les tarifs américains poussent le Québec vers l’Europe. L’Europe, elle, exige des données.
Un texte de Pierre Courtemanche, stratège en développement durable et chaîne d’approvisionnement, 360platform
LES IDÉES DES AFFAIRES. Les droits de douane américains sur l’aluminium ont profondément modifié les flux commerciaux nord-américains.
En quelques mois, plusieurs producteurs québécois ont accéléré la diversification de leurs marchés vers l’Europe. Pour certains, la part des exportations destinées au marché européen est passée d’un niveau marginal à une proportion importante de leurs ventes.
Cette réorientation est loin d’être anodine.
Le président Donald Trump a récemment évoqué la possibilité d’imposer également des quotas sur les importations canadiennes d’acier et d’aluminium. Qu’ils se concrétisent ou non, ces propos rappellent une réalité devenue incontournable: les entreprises québécoises ne peuvent plus dépendre d’un seul marché d’exportation.
Dans ce contexte, l’Europe apparaît comme une occasion stratégique.
Le Québec produit près de 90% de l’aluminium primaire canadien et bénéficie de l’une des plus faibles intensités carbone au monde grâce à son hydroélectricité. Ce qui apparaissait d’abord comme une crise commerciale pourrait bien devenir un avantage concurrentiel durable.
L’Europe change les règles du commerce
Mais l’Europe n’ouvre pas simplement son marché. Elle en redéfinit les règles.
Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, ou CBAM en anglais) est désormais une réalité. Après une période transitoire amorcée en octobre 2023, l’année 2026 marque le début de sa mise en œuvre progressive. Les importateurs européens doivent désormais déclarer les émissions incorporées dans........
