Filière défense: un chemin vers le carnet de commandes parsemé d’embûches
Un texte de Marc Ducharme, partenaire principal d’Xpertise Défense avec 25 ans d’expérience dans le groupe matériel du MDN
LES IDÉES DES AFFAIRES. Le constat est frappant, presque vertigineux: actuellement, environ 75% du budget d’équipement de la défense canadienne s’envole vers les États-Unis. Pour le gouvernement de Mark Carney, cette dépendance n’est plus seulement une question de balance commerciale, mais une vulnérabilité stratégique. Dans un monde de plus en plus instable, Ottawa a sonné la charge avec la création de l’Agence de l’investissement pour la défense (AID) et une politique «Achetez canadien» musclée. Pour la communauté d’affaires du Québec, c’est une occasion historique, mais le chemin entre l’annonce politique et le carnet de commandes est parsemé d’embûches bureaucratiques.
L’Agence de l’investissement pour la défense (AID) a été présentée fin 2025 comme le remède à la lenteur légendaire de nos acquisitions militaires. L’objectif est noble, celui de confier les leviers à une autorité unique — possiblement sous l’égide de figures comme Stephen Fuhr (Secrétaire d’État à l’approvisionnement en matière de défense) pour accélérer la mise en œuvre des capacités.
Toutefois, la prudence est de mise pour les chefs d’entreprise. Malgré les annonces, le fonctionnement interne de l’AID demeure opaque. Le Conseil du Trésor conserve un rôle prépondérant sur les autorités de dépense et des contrats. Surtout, l’AID doit........
