De l’artiste à l’«artistpreneur»
Un texte d’Amanda Fakihi, M.Sc, consultante en affaires publiques et en rhétorique, fondatrice de Tenet Stratégies, titulaire d’une maîtrise en science politique, candidate à la maîtrise en économie appliquée à HEC Montréal
LES IDÉES DES AFFAIRES. Le Journal de Montréal publiait récemment un dossier braquant la focale sur la précarité financière grandissante de plusieurs artistes québécois. On y apprend notamment que les demandes d’aide à la Fondation des artistes sont passées de 80 en 2019 à 1290 en 2025, soit une hausse de 1513%. À cela s’ajoute un revenu annuel moyen des artistes près de trois fois inférieur à celui de l’ensemble des salariés québécois en 2025. De plus en plus d’artistes peinent donc à vivre de leur métier. Mais une question s’impose: sommes-nous devant une simple crise de financement ou devant un modèle culturel qui peine à s’adapter à la révolution numérique?
Que nos artistes en arrachent est une réalité qui ne date pas d’hier. La COVID-19 a d’ailleurs constitué un point de rupture pour plusieurs, les poussant à se réorienter vers d’autres métiers. La culture n’est pas un droit fondamental, comme le sont la santé ou l’éducation. Mais elle constitue l’ADN d’une société. C’est elle qui assure sa pérennité. Elle irrigue notre mémoire collective, façonne notre imaginaire et donne un sens à notre existence. Elle possède cette capacité unique de nous transporter hors de nous-mêmes et de nous faire habiter, l’espace d’un instant, d’autres univers. Dans ce monde spasmodique, elle demeure l’un de nos repères les plus précieux.
Mais force est de constater que notre culture s’essouffle à mesure qu’elle peine à s’adapter aux profondes mutations de notre époque. Pendant que le monde est entré de plain-pied dans l’économie de l’attention, certains artistes persistent à jouer selon les règles d’un autre temps.
Le nouveau champ de bataille
Avant, un artiste québécois était en concurrence........
