Oser demander de l’aide en entrepreneuriat
EXPERTE INVITÉE. Pourquoi certaines personnes demandent de l’aide facilement, alors que, pour d’autres, ça ressemble à une faiblesse?
Je me pose encore cette question. Je me rappelle que, plus jeune, j’ai refusé toutes les aides à l’audition qu’on m’offrait. Interprète, preneur de notes, technologies, appareils plus performants. Tout ça, c’était un gros non. Même pour l’implant cochléaire, dont on m’avait parlé à 18 ans.
Ça m’a pris plus de 30 ans avant d’accepter de vraiment recevoir de l’aide. Par là, je veux dire accepter de payer pour de nouveaux outils. Déléguer davantage. Aller chercher du financement externe. Consulter des professionnels de l’audition qui pouvaient m’aider à mieux me comprendre, un audiologiste, une orthophoniste. Et surtout, être capable de nommer mes besoins. De reconnaître les stratégies que j’utilisais sans en être consciente pour compenser mes défis au quotidien. Pas parce que les ressources n’existaient pas. Pas parce que personne ne me les offrait. Mais parce que je n’étais pas prête à les accepter.
C’est en acceptant ma surdité, en 2018, et en choisissant de recevoir un implant cochléaire en 2019, que quelque chose a vraiment changé. Je me suis rapprochée de personnes qui vivaient des défis similaires aux miens. Et j’ai commencé à mettre des mots sur ce que je traversais depuis longtemps.
Je me souviens d’une personne vivant avec une surdité qui m’avait dit qu’elle n’osait pas demander les aides financières auxquelles elle avait droit, parce qu’elle se disait que d’autres en avaient plus besoin qu’elle. Je la comprenais. Mais on y a droit. C’est tout.
J’ai, par exemple, fait appel au SEMO Mauricie après avoir incorporé mon entreprise, en 2023, pour avoir accès au Contrat d’intégration au travail (CIT), un programme de Services Québec qui permet de compenser certains frais liés à l’embauche d’une personne en situation de........
