L’employé qui ne prend jamais de vacances travaille déjà chez vous
EXPERT INVITÉ. Chaque mois de juillet, je fais le même geste que des millions de gens: j’active le fameux message d’absence. «Je suis à l’extérieur du bureau jusqu’au…» Sauf que cette année, en cliquant sur «activer», une pensée m’a traversé l’esprit. Mon courriel, lui, dort. Mais l’entreprise, elle, ne dort plus.
Pendant que je serai à la pêche, des agents intelligents vont continuer de trier des demandes, qualifier des leads, produire des rapports et répondre à des clients. Sans moi. Sans personne, en fait. Pour la première fois dans l’histoire du travail, une organisation peut tourner à plein régime alors que la moitié de ses employés a les deux pieds dans le lac.
C’est une petite révolution silencieuse et je pense qu’on n’a pas encore mesuré ce qu’elle dit de nous.
Le paradoxe de l’été 2026
Regardons les chiffres, parce qu’ils sont troublants quand on les met côte à côte.
D’un côté, les données récentes sur nos vacances sont éloquentes. Un sondage de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec montrait que deux travailleurs sur cinq restaient en contact avec le bureau pendant leurs congés d’été. Et le rapport «Vacation Deprivation» d’Expedia indique que 58% des Canadiens se sentent en manque de vacances, que près de 45% ne prennent pas la totalité de leurs journées de congé, et que près de la moitié éprouvent de la culpabilité ou de la pression au moment de les utiliser. Autrement dit, l’humain n’arrive plus à débrancher.
De l’autre côté, une part croissante des entreprises déploient déjà des agents d’IA pour automatiser leurs services et certains........
