Résister à la guerre commerciale… la suite
ANALYSE GÉOPOLITIQUE. L’objectif de Donald Trump est clair. Attaquer notre économie à coups de tarifs douaniers pour affaiblir nos entreprises et forcer le Canada à devenir un État soumis. Malgré la fatigue mentale, les insultes, la rhétorique du « 51e État » et l’intimidation qui dure depuis 20 longs mois, une seule issue est possible : encaisser, résister et préparer l’après-Trump en bâtissant une économie plus robuste et des entreprises plus compétitives.
(Re)lire: Quand le Québec exportait aux États-Unis malgré des tarifs élevés
Vassalisation. Certains trouveront le mot trop fort, voire alarmiste, alors que Washington nous a pourtant imposé de nouveaux droits de douane de 50% le 22 août sur des centaines de produits, ne laissant guère le choix à Ottawa de riposter avec des contre-tarifs allant de 15% à 50% dès ce 8 septembre pour une valeur équivalente d’environ 28 milliards de dollars.
Quand une superpuissance menace d’annexer son voisin par la «force économique» (l’expression du président américain), quand elle exige d’avoir un accès privilégié à ses ressources naturelles et quand elle veut restreindre ses capacités à conclure d’autres accords commerciaux, on peut parler de vassalisation, soit l’acte de soumettre un État à une dépendance totale ou de lui infliger un état de sujétion en tant que puissance dominante.
Cette situation n’a rien à voir avec la stratégie du Canada depuis la Deuxième Guerre mondiale: être un allié fidèle des États-Unis. Ottawa s’alignait souvent sur les politiques de Washington, tout en refusant parfois de suivre son puissant voisin, comme lors de l’invasion illégale de l’Irak, en 2003.
La guerre commerciale déclenchée par l’administration Trump contre l’économie canadienne est l’outil utilisé par les États-Unis pour essayer de nous vassaliser.
En revanche, la guerre commerciale lancée contre d’autres économies, comme la Chine ou l’Union européenne, vise avant tout à réduire l’énorme déficit commercial américain et à réindustrialiser les États-Unis.
Comment survivre à cette attaque? Quelle posture nos entreprises, les sociétés d’État et les gouvernements, à Ottawa et à Québec, doivent-ils adopter?
Alors que la guerre commerciale a monté d’un cran, il faut tenir la ligne de front en attendant le retour de jours meilleurs, affirment une douzaine de spécialistes que nous avons interviewés.
Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale à la Maison-Blanche. (Photo: (Photo: AP/Mark Schiefelbein).
La tête hors de l’eau
À court terme, notre économie et les entreprises touchées par les tarifs américains et les contre-tarifs canadiens doivent absolument garder la tête hors de l’eau, alors que leurs revenus baissent et leurs coûts augmentent, sans parler de leurs liquidités qui fondent comme neige au soleil.
La situation est grave, insiste Véronique Proulx, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), en citant les résultats inquiétants d’un récent sondage auprès de ses membres.
« Les gens nous ont dit que si les nouveaux tarifs de 50% sont mis en place pour six mois, les mises à pied qu’ils allaient déjà devoir faire en raison de la guerre commerciale passeront d’une moyenne de 10 employés à 38 », dit-elle.
Selon Véronique Proulx, plusieurs chefs d’entreprise se posent encore et plus que jamais ce genre de questions : dois-je carrément arrêter de produire? Faut-il cesser de vendre sur le marché américain? Dois-je délocaliser une partie de la production aux États-Unis?
«Il faut des mesures d’urgence pour soulager les entreprises!» dit Michelle LLambías Meunier, PDG du Conseil du patronat du Québec (CPQ). Les entreprises touchées par........
