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🎧Bourse : la croissance des bĂ©nĂ©fices avant un cessez-le-feu!

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10.04.2026

BALADO. Le cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran a retenu l’attention en Bourse cette semaine, mais les investisseurs devraient plutĂŽt se concentrer sur la saison des rĂ©sultats financiers du premier trimestre qui s’amorce, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille Ă  NoĂ«l Girard, Lehoux, Valeurs mobiliĂšres Desjardins.

«Le point important qu’il faut comprendre, c’est que les marchĂ©s boursiers n’aiment pas l’incertitude, mais qu’ils ont appris Ă  vivre avec elle. Lorsqu’un cessez-le-feu est annoncĂ©, ce n’est pas tant la bonne nouvelle en soi qui fait bouger les marchĂ©s, mais c’est surtout la rĂ©duction du risque d’un scĂ©nario extrĂȘme», dit-il.

Selon lui, depuis les annĂ©es 1940, les marchĂ©s boursiers ont rĂ©agi aux crises gĂ©opolitiques en reculant en moyenne de 5% Ă  8%. Dans la grande majoritĂ© des cas, les marchĂ©s ont rĂ©cupĂ©rĂ© leurs pertes en quelques mois. En pratique, ce type d’évĂ©nement ne modifie gĂ©nĂ©ralement pas une stratĂ©gie d’investissement Ă  long terme qui a Ă©tĂ© bien construite», estime Luc Girard.

Cela n’empĂȘche pas les marchĂ©s de rĂ©agir aux conflits, puisque ceux-ci peuvent avoir des effets sur l’inflation, sur la croissance Ă©conomique, sur les taux d’intĂ©rĂȘt et, surtout, sur les bĂ©nĂ©fices des entreprises.

Début de la saison des résultats financiers du premier trimestre

Luc Girard soutient en effet que les bénéfices des entreprises ont beaucoup plus de poids sur la valorisation des marchés boursiers que les nouvelles géopolitiques.

«À long terme, environ 85% Ă  90% du rendement des marchĂ©s boursiers provient de la croissance des bĂ©nĂ©fices et des dividendes. Pour 2026, les analystes anticipent une croissance des bĂ©nĂ©fices d’entre 8% et 15 % pour les marchĂ©s amĂ©ricains et de 6% Ă  8 % au Canada. Il est aussi important de rappeler que les 10 plus grandes entreprises amĂ©ricaines, ça reprĂ©sente environ le tiers de la capitalisation du S&P 500. Vous comprendrez que les rĂ©sultats ont un effet dĂ©terminant sur la direction globale des marchĂ©s», estime-t-il.

Selon lui, les investisseurs ne devraient donc pas modifier leur stratĂ©gie d’investissement en raison de l’invasion amĂ©ricano-israĂ©lienne en Iran. Il prĂ©cise qu’un investisseur qui rate les 10 meilleures journĂ©es en Bourse sur une pĂ©riode de 20 ans peut ainsi rĂ©duire le rendement de son portefeuille de prĂšs de
 50%!

«Plusieurs de ces meilleures journées-là surviennent durant les périodes de forte incertitude. Donc, les investisseurs doivent demeurer investis, disciplinés et surtout diversifiés», dit-il.

Il ajoute que depuis 1950, les marchĂ©s boursiers ont traversĂ© plus de 15 rĂ©cessions, plusieurs crises financiĂšres, des pĂ©riodes d’inflation Ă©levĂ©e, de nombreux conflits internationaux. MalgrĂ© tous ces Ă©vĂ©nements, la Bourse a gĂ©nĂ©rĂ© un rendement annuel moyen d’entre 9% et 10%.

Un portefeuille doit ĂȘtre construit, Ă  la base, pour traverser tout type de scĂ©nario.


© Les Affaires