đ§Bourse : la croissance des bĂ©nĂ©fices avant un cessez-le-feu!
BALADO. Le cessez-le-feu fragile entre les Ătats-Unis et lâIran a retenu lâattention en Bourse cette semaine, mais les investisseurs devraient plutĂŽt se concentrer sur la saison des rĂ©sultats financiers du premier trimestre qui sâamorce, estime Luc Girard, gestionnaire de portefeuille Ă NoĂ«l Girard, Lehoux, Valeurs mobiliĂšres Desjardins.
«Le point important quâil faut comprendre, câest que les marchĂ©s boursiers nâaiment pas lâincertitude, mais quâils ont appris Ă vivre avec elle. Lorsquâun cessez-le-feu est annoncĂ©, ce nâest pas tant la bonne nouvelle en soi qui fait bouger les marchĂ©s, mais câest surtout la rĂ©duction du risque dâun scĂ©nario extrĂȘme», dit-il.
Selon lui, depuis les annĂ©es 1940, les marchĂ©s boursiers ont rĂ©agi aux crises gĂ©opolitiques en reculant en moyenne de 5% Ă 8%. Dans la grande majoritĂ© des cas, les marchĂ©s ont rĂ©cupĂ©rĂ© leurs pertes en quelques mois. En pratique, ce type dâĂ©vĂ©nement ne modifie gĂ©nĂ©ralement pas une stratĂ©gie dâinvestissement Ă long terme qui a Ă©tĂ© bien construite», estime Luc Girard.
Cela nâempĂȘche pas les marchĂ©s de rĂ©agir aux conflits, puisque ceux-ci peuvent avoir des effets sur lâinflation, sur la croissance Ă©conomique, sur les taux dâintĂ©rĂȘt et, surtout, sur les bĂ©nĂ©fices des entreprises.
Début de la saison des résultats financiers du premier trimestre
Luc Girard soutient en effet que les bénéfices des entreprises ont beaucoup plus de poids sur la valorisation des marchés boursiers que les nouvelles géopolitiques.
«à long terme, environ 85% Ă 90% du rendement des marchĂ©s boursiers provient de la croissance des bĂ©nĂ©fices et des dividendes. Pour 2026, les analystes anticipent une croissance des bĂ©nĂ©fices dâentre 8% et 15 % pour les marchĂ©s amĂ©ricains et de 6% Ă 8 % au Canada. Il est aussi important de rappeler que les 10 plus grandes entreprises amĂ©ricaines, ça reprĂ©sente environ le tiers de la capitalisation du S&P 500. Vous comprendrez que les rĂ©sultats ont un effet dĂ©terminant sur la direction globale des marchĂ©s», estime-t-il.
Selon lui, les investisseurs ne devraient donc pas modifier leur stratĂ©gie dâinvestissement en raison de lâinvasion amĂ©ricano-israĂ©lienne en Iran. Il prĂ©cise quâun investisseur qui rate les 10 meilleures journĂ©es en Bourse sur une pĂ©riode de 20 ans peut ainsi rĂ©duire le rendement de son portefeuille de prĂšs de⊠50%!
«Plusieurs de ces meilleures journées-là surviennent durant les périodes de forte incertitude. Donc, les investisseurs doivent demeurer investis, disciplinés et surtout diversifiés», dit-il.
Il ajoute que depuis 1950, les marchĂ©s boursiers ont traversĂ© plus de 15 rĂ©cessions, plusieurs crises financiĂšres, des pĂ©riodes dâinflation Ă©levĂ©e, de nombreux conflits internationaux. MalgrĂ© tous ces Ă©vĂ©nements, la Bourse a gĂ©nĂ©rĂ© un rendement annuel moyen dâentre 9% et 10%.
Un portefeuille doit ĂȘtre construit, Ă la base, pour traverser tout type de scĂ©nario.
