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Deux semaines de sursis… Les marchés ont aimé ça.

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08.04.2026

EXPERT INVITÉ. Hier soir, j’étais rivé à mon téléviseur. On nous annonçait quelque chose de très gros. Pendant la journée, les marchés se sont ajustés, des scénarios ont circulé et les experts ont pris position.

Puis, finalement, un sursis de deux semaines. Et le détroit d’Ormuz qui semble débloquer.

Rien de dramatique ne s’est produit. Mais tout n’est pas revenu à la normale pour autant. Parce que ce qui s’installe, ce n’est pas le calme, c’est l’attente.

Et l’attente, en économie, ce n’est jamais neutre.

Même si personne, ici du moins, ne croyait réellement que Trump allait donner l’ordre de tuer 93 millions de personnes, autrement dit, qu’il y avait fort à parier que l’ultimatum était un bluff, les effets de ses menaces complètement démesurées sont tout de même réels.

Quand un événement est repoussé sans être écarté, il crée une zone grise. Les décisions ne sont pas annulées, elles sont simplement suspendues. Les projets ne sont pas abandonnés, ils sont ralentis.

En bon Québécois, on «pellette par en avant».

Les investisseurs ne sortent pas du marché. Ils hésitent.

Mais au moindre signal — comme un détroit qui se rouvre — ils reviennent… Et les marchés remontent.

L’attente, c’est une situation en mode pause, qui peut coûter cher.

Une entreprise qui retarde un investissement, ce n’est pas un investissement perdu. Mais c’est une activité qui ne se matérialise pas aujourd’hui. Si vous, comme consommateur, vous attendez avant d’acheter, ce n’est pas une dépense annulée. Mais c’est une demande qui disparaît temporairement.

Contrairement à un choc économique clair — comme une hausse de taxes, une fermeture d’usine, une catastrophe naturelle — l’attente ne génère pas de chiffre évident. Il n’y a pas de statistique officielle pour mesurer les décisions qui n’ont pas été prises.

Mais elles sont bien réelles.

Ce qui rend le tout encore plus particulier, c’est que cette attente est entretenue activement, comme nous y a habitués Trump rendu à son énième report d’ultimatum dans le dossier du détroit d’Ormuz.

Donc, Donald Trump ne nous fait jamais sortir complètement de l’incertitude. Il l’étire…

Et pendant ce temps, l’économie fonctionne au ralenti.

Ce n’est pas une crise ni une reprise. C’est une espèce d’entre-deux.

Le genre de période où les chiffres ont l’air de tenir, mais où l’élan disparaît tranquillement. Rien ne casse, mais rien n’avance vraiment non plus.

Croisons-nous les doigts pour la suite…


© Les Affaires