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Grandir

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11.09.2026

Nous n’avons pas toutes et tous une trajectoire aussi archétypique que le Citizen Kane d’Orson Welles. Dans ce monument en noir et blanc qui commence par une mort et un mot, «Rosebud», un journaliste remonte la vie de Charles Foster Kane, magnat de la presse, et en éclaire les arcanes: un pouvoir et une richesse immenses qui se soldent par la déchéance et la solitude.

Dans la scène finale, les employé·es de son immense domaine trient et brûlent les objets accumulés. L’un d’eux jette au feu un vieux traîneau: Rosebud. On comprend alors que c’était la luge avec laquelle Kane jouait, le jour où sa mère l’a arraché à son foyer pour le placer chez un tuteur. Ce mot révèle le gouffre affectif que l’homme, malgré toutes ses conquêtes, n’est jamais parvenu à combler. Ce que nous cherchons à l’extérieur a parfois pour fonction, sans que nous en ayons pleinement conscience, de compenser une carence ancienne: une tendresse, une attention qui n’ont pas été là, une enfance........

© LeCourrier