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Politique de l’intelligence artificielle (II)

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17.02.2026

La présente chronique fait suite à celle de vendredi dernier relative à l’abord techno-critique de l’intelligence artificielle. Le sociologue Juan Sebastián Carbonell (Un taylorisme augmenté, 2025) – sur qui nous nous sommes essentiellement appuyé vendredi – soutient que «la technologie n’est pas neutre», que son évolution n’est pas une histoire sans sujet, que celle-ci «est façonnée (…) par des rapports de pouvoir, de genre, de classe et de race», qu’elle est étroitement liée à des luttes entre visions et intérêts contradictoires pour l’obtention de ressources monétaires, d’équipements de recherche. En somme, «la technologie n’est pas politique sous certains aspects (son usage, par exemple), elle est politique en soi.»

Aussi Carbonell fustige-t-il certains auteurs «post-marxistes» insinuant que le numérique et l’IA pourraient devenir les vecteurs d’un «communisme de luxe» (Aaron Bastani, Communisme de luxe: un monde d’abondance grâce aux nouvelles technologies, 2021). Un «simple» changement de propriétaire ne saurait abolir les effets aliénants inhérents à ladite technologie: «De la même façon qu’il ne peut pas y avoir de chaîne de montage socialiste, parce qu’il n’y a rien de potentiellement émancipateur dans la dissociation entre la conception et l’exécution, il ne peut pas y avoir d’IA socialiste» (Carbonell).

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