L’espoir d’un nouvel Iran et la peur d’un chaos de type irakien
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Les manifestations de joie dans les rues iraniennes à l’annonce de la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué par des frappes menées par les Etats-Unis et Israël, sont touchantes. Elles illustrent ce qui pourrait apparaître comme la fin d’un cauchemar: 47 ans d’une théocratie dont la répression fut l’arme de survie. Une partie des Iraniens ne cachent pourtant pas leur profonde inquiétude quant à l’avenir. Où va l’Iran, qui le dirige désormais?
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Aujourd’hui, il y a plus de questions que de réponses à propos de ce moment potentiellement historique. Est en jeu la survie d’une République islamique fondée en 1979 qui a parfaitement joué son rôle de puissance de nuisance au Moyen-Orient. Avec sa stratégie d’exportation de la révolution, avec son réseau de proxys, ses alliés régionaux (Hamas, Hezbollah, Syrie de Bachar el-Assad, Houthis, milices chiites d’Irak), l’Iran a semé le chaos au Moyen-Orient. Il est à ce propos ironique de constater que c’est depuis l’attaque d’un proxy (le Hamas) contre Israël le 7 octobre 2023 que la République islamique s’est fortement affaiblie.
La contestation interne d’une grande majorité d’Iraniens, qui a été violemment écrasée dans le sang par le régime des mollahs en ce début d’année, a accentué cet affaiblissement. Elle a même sapé la légitimité restante d’un pouvoir corrompu et dictatorial. Aujourd’hui, la guerre que mènent Américains et Israéliens contre l’Iran risque de marginaliser encore davantage Téhéran même si le régime ne chute pas. Quelques experts en sont convaincus: pour le Moyen-Orient, un effondrement même partiel de la République islamique pourrait avoir le même impact sur le plan régional que celui de l’URSS à l’échelle plus globale.
Stratégiquement, il est très surprenant de voir Téhéran s’en prendre à titre de représailles à nombre de pays et villes arabes. Le régime des mollahs, qui a longtemps cherché à conquérir la rue arabe, s’aliène des Etats qui n’hésitent désormais plus à soutenir l’intervention militaire américaine.
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Nombre d’opposants au régime se félicitent du fait que Donald Trump «a osé» faire ce qu’aucun autre président américain n’a entrepris avant lui. Mais impossible à ce stade de dire si cette guerre de choix de la Maison-Blanche va réussir. Pour qu’un changement de régime se produise, il faut davantage que des frappes aériennes. Il faut des défections massives au cœur du régime. Elles n’ont pour l’heure pas eu lieu même si une quarantaine de dirigeants ont été éliminés.
L’espoir est désormais de voir, à terme, l’émergence d’un Iran démocratique avec un rôle régional apaisé. La crainte, c’est d’assister au chaos que fut la situation irakienne après le renversement de Saddam Hussein.
