L’union des droites, un échec annoncé ?
La droite découvre les additions, elle qui n’eut dans le passé, de De Gaulle à Sarkozy, que le souci de l’unité verticale au sein de son camp. Chacun avait intégré l’idée gaullienne – et un brin romantique – de la « rencontre d’un homme et d’un peuple », dépassant le clivage gauche-droite. Partant, il aurait été incongru d’invoquer l’organisation d’une primaire ou de consulter les sondages pour désigner le représentant de la famille politique – on parlait bien d’une « famille ». En 1954, René Rémond classait le bonapartisme à droite, ce qui fit gronder quelques gaullistes, refusant cette taxinomie trop étroite. Bien que doté d’un comité central (en charge des affaires secondaires), le fonctionnement du Parti communiste, depuis la Libération jusqu’à Georges Marchais, était aussi centralisé que celui du parti gaulliste.
Qu’en est-il aujourd’hui ? La droite a perdu de son bonapartisme disciplinaire et gagné des « Bonaparte » qui, au mépris parfois de leur faible représentativité électorale, n’imaginent pas se retirer au profit d’un autre. Est candidat celui qui se déclare. La légitimité, le parti, les militants… c’est comme si tout ça ne comptait plus à l’heure de la selfie-politique. Régis Debray parla un jour du « sacre de maître lapin ». Chaque jour, un nouveau lapin sort du chapeau… Et le philosophe de citer le peintre Jean Dubuffet : « Il n’y aura plus de regardeurs dans ma cité, plus rien que des acteurs. »
La gauche, malgré ses désaccords, sait faire bloc
Dépités par les défaites successives, des élus et des commentateurs de droite en appellent à une « union », jouant de différentes combinaisons comme on étire ou resserre un accordéon, « de Darmanin à Knafo », « de Retailleau à Lecornu », « de Wauquiez à Bardella »… Les sceptiques, tel Henri Guaino, jugent illusoire de rassembler des courants incompatibles en sacrifiant toute cohérence idéologique, au risque de renoncer à parler au pays tout entier, au-delà de la droite et de la gauche. Les........
