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Présidentielle 2027 : « La partie n’est pas perdue pour la gauche »

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31.08.2026

La gauche n’est pas condamnée ! Bien que fragmentée entre un courant réformiste et un pôle radical, et malgré l’inflation de candidatures – confirmées ou pressenties – pour la présidentielle, elle garde, malgré les apparences, toutes ses chances de conquérir l’Élysée en 2027.

Mais comment y parvenir ? C’est précisément la question au cœur d’un ouvrage intitulé Organiser la victoire (éditions Le bord de l’eau), signé par Noé Girardot-Champsaur, expert associé au think tank La Fondation Jean-Jaurès et enseignant à Sciences Po, spécialisé dans les stratégies des mouvements sociaux et politiques. Entretien.

Le Point : La gauche dispose-t-elle aujourd’hui d’un vivier électoral assez large pour accéder au second tour en 2027 ?

Noé Girardot-Champsaur : Pour le second tour, en théorie oui. Prise comme un bloc, la gauche rassemble aujourd’hui entre 25 et 30 % des intentions de vote. Ce réservoir ne suffit pas, à lui seul, à emporter la présidentielle. La première urgence, pour organiser la victoire, est que la gauche élargisse son socle électoral. Je crois qu’elle dispose d’un atout largement sous-estimé : une partie de ses idées est déjà majoritaire dans l’opinion. La taxe Zucman en est l’exemple le plus frappant. Selon un sondage Ifop de septembre 2025, elle recueille 86 % d’adhésion dans l’ensemble de la population. La défense des services publics obéit au même principe : c’est une demande qui dépasse largement les clivages partisans traditionnels.

Pour l’heure, la gauche se présente en rangs dispersés, avec entre cinq et sept candidatures potentielles une fois les différentes primaires achevées. Est-elle vraiment incapable de faire bloc ?

Ce n’est pas propre à la gauche : les divisions existent dans tous les camps politiques. À gauche, elles ont même une histoire, avec un pôle réformiste et un pôle radical qui coexistent depuis toujours – et chaque bloc est utile en soi. Mais chaque famille devrait impérativement travailler à élargir son assise dans l’opinion plutôt que vouloir entraver l’autre.

Le vrai problème est peut-être dans la manière dont on pose le sujet. À force de parler d’« union de la gauche », on la fige en bloc monolithique, comme s’il fallait fondre toutes les sensibilités en une seule voix. On pourrait raisonner autrement, en termes d’alliance des gauches : l’enjeu ne serait plus l’unité à tout prix, mais la capacité à trouver un terrain d’entente pour construire une majorité capable de gouverner. Je pense que la partie n’est pas perdue, même sans union. Les campagnes présidentielles révèlent que la dynamique de campagne joue un rôle décisif.

Vous écrivez que l’un des prérequis pour que la gauche l’emporte, c’est qu’elle parvienne à représenter la société. Lui reprochez-vous la même déconnexion que celle souvent attribuée au macronisme ?

Le macronisme a fait le casse du siècle en racontant qu’il allait........

© Le Point