Farah Ahmed à Cambridge : les contradictions suicidaires du libéralisme face à l’islamisme
Le 3 mars 2009, à l’université Samford, dans l’Alabama, l’essayiste Christopher Hitchens débattait avec le mathématicien et apologète chrétien John Lennox, sous l’égide du Socratic Club. Le titre de la rencontre annonçait gentiment la couleur – Dieu est-il grand ? –, avant que la discussion ne déborde le cadre de la question de l’existence divine pour atteindre celle, bien plus terrestre, de la place qu’une société libérale doit accorder à la religion. Et Hitchens de laisser cette sentence à la postérité : « Les gens veulent prier ? Qu’ils prient, vous ne pouvez pas les en empêcher. Mais l’État n’a pas à financer leurs prières, leurs prédicateurs ou leurs aumôniers. Laissez tomber ou confiez cette tâche à votre pire ennemi – et payez de votre poche la corde avec laquelle il vous pendra. »
Une image brutale, mais qui a le mérite d’exposer l’un des paradoxes peut-être les plus caractéristiques de notre époque : au nom de sa fidélité au libéralisme, on dirait qu’un bout du monde libéral est convaincu qu’il faudrait fournir une place, une respectabilité, voire une parcelle de pouvoir à ceux qui tiennent ses principes pour faux, corrupteurs, impérialistes ou bons à foutre à la poubelle.
Si ce nœud coulant quitte rarement mon esprit, j’y ai tout particulièrement repensé........
