menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

« C’était ça ou mourir » : le brutalisme comme vérité littéraire

21 0
17.09.2026

L’été, au centre-ville d’Alger, entre les immeubles haussmanniens en ruine, dans la nuit humide et moisie de la capitale, on peut déboucher sur la porte fermée d’un bar fabuleux : « Le Trou ». C’est le nom que lui donnent certains Algérois. On y entre lorsqu’une petite lucarne s’ouvre et que le gardien reconnaît en vous le client. Sur place se rencontrent quelques journalistes vétérans de la guerre civile algérienne, au sourire finement moqueur devant le présent ; quelques artistes aux talents ralentis ; des aigris de toute sorte ; des alcooliques inquiets que la nuit finisse trop vite ; et d’autres citadins aux habitudes fixes. C’est l’un de ces lieux où se croisent les « opposants » depuis des décennies. Longues discussions sur la démocratie, railleries sur les islamistes dont on a peur intimement, batailles d’ego entre ex-stars éditoriales.

On est dans les années 2000. À l’époque, être opposant sous Bouteflika ne coûtait pas tant. Avec ce galon intellectuel, on pouvait décrocher un visa de longue durée vers la France, avoir accès aux fonds des ONG à Alger, s’attabler à l’ambassade de France ou scolariser ses enfants dans le lycée français. À peine de l’inquiétude policière. Mais aujourd’hui, cela a changé : les opposants d’autrefois ne sont plus qu’une poignée ; le statut est invivable, il coûte cher : exil, éloignement, prison, diffamation,........

© Le Point