« Opaque », « absurde » : le grand mystère des subventions municipales
Dans un monde qui tournerait rond, un citoyen trouverait en un clic sur Internet la réponse à cette question simple : « À quoi servent mes impôts locaux ? » Cette question, d’ailleurs plus que légitime en période d’élections municipales, ne demande pas de décrocher la lune. Pourtant – et l’expérience est facile à reproduire à la maison – pour déchiffrer les bilans de sa mairie, il faut avoir une patience de moine ou un diplôme de data scientist.
Heureusement, Édouard Hesse, chercheur associé à Génération libre, est de cette espèce, même s’il avoue que cela n’a pas été une sinécure d’examiner les subventions de Paris, de Marseille et de Lyon.
Et encore faut-il que lesdits documents soient publiés… À Marseille, les fichiers CSV avec le détail des subventions ne sont plus mis à jour depuis 2023. Pour rester un minimum récent, le chercheur a dû se contenter d’un budget primitif de 366 pages pour y débusquer les chiffres.
L’enjeu démocratique est évident. « C’est tout simplement scandaleux que tout le monde ne puisse pas accéder aux informations sur l’utilisation de l’argent du contribuable de manière rapide et efficace », s’insurge-t-il. Et pour cause : quand les chiffres sont disponibles, les tableaux sont tout simplement illisibles pour le commun des mortels.
Certaines dépenses importantes ne sont pas détaillées, quand d’autres, des microdépenses, sont « saupoudrées », ce qui rend le tout illisible, dénonce l’étude de Génération libre.
Le fichier de la Ville de Paris compte plus de 5 000 lignes de dépenses, dont certaines sont attribuées à des sommes ridicules. « On parle de 2 500 à 2 700 microsubventions. C’est matériellement impossible pour la mairie de vérifier sérieusement l’usage des fonds, les objectifs, l’impact. Le simple traitement........
