Charlotte Casiraghi : « On peut, en tant que catholique, ne pas être d’accord avec certains positions de l’Église »
En venant en visite officielle à Monaco, le pape Léon XIV a braqué les projecteurs sur une face plus cachée de la principauté, l’autre côté du miroir glamour et « bling-bling » que le Rocher donne à voir : l’ancrage de ses habitants dans la religion catholique.
Ces deux réalités monégasques, on les retrouve chez Charlotte Casiraghi. Fille de la princesse de Hanovre Caroline, championne d’équitation, égérie de la maison Chanel, la jeune femme (39 ans) est une habituée des magazines de mode et des pages people.
Mais celle qui a lancé les Rencontres philosophiques de Monaco vient aussi de publier un essai dense, émouvant, avec une hauteur de vue remarquée, La fêlure (Julliard), qui lui vaut les honneurs des journalistes littéraires. Charlotte Casiraghi est encore plus discrète sur sa profondeur spirituelle, dont elle témoigne dans cet entretien avec une simplicité et une sincérité désarmantes.
Le Point : Un pape à Monaco, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Charlotte Casiraghi : Au début, cette visite me semblait presque irréelle. L’événement est évidemment historique. Je mesure le caractère exceptionnel de ce voyage pontifical qui marque les liens entre Monaco et le Vatican, et souligne notre ancrage très fort dans la foi catholique. Il est toujours inédit et impressionnant de rencontrer un pape.
Ce pape Léon XIV vous parle-t-il ?
Oui, parce qu’il semble être un homme très discret, qui ne cherche pas forcément à faire du bruit. Il incarne une forme de sagesse qui consiste à ne pas s’exprimer à tout va, il fait preuve d’une certaine prudence dans un contexte international très explosif. Mais quand il s’exprime, ses paroles gardent un certain poids. Il y a chez lui une réserve et une humilité dont nous avons besoin aujourd’hui. Le pape porte un témoignage très fort. Ensuite, le fait qu’il soit d’origine américaine alors que les États-Unis sont engagés de manière assez dramatique dans plusieurs conflits est aussi un élément important.
Pour vous, c’est un leader moderne ?
Je ne sais pas ce qu’on peut entendre par là. Sa sobriété contraste avec notre époque. Mais, de toute façon, je ne pense pas qu’un pape doive absolument être « moderne ».
De façon plus générale, êtes-vous sensible au discours des papes ?
Oui, parce qu’un pape est dans une position symbolique........
