Jeux à gratter, quart de blanc et Dalida : la France vue des bars-tabacs
Une drache soudaine s’abat sur Marseille. « Ça va peut-être te faire pousser les cheveux ! », s’amuse le taulier du bar O’Central, dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne. « Ça te fera prendre une douche ! », tacle un autre client. Dix minutes plus tard, l’averse laisse place à des grêlons gros comme des balles de ping-pong. On sort les téléphones. « C’est rare à Marseille ! Les gars, préparez les assurances des voitures », se marre-t-on dans l’entrebâillement de la porte.
Le troquet se remplit des naufragés de la grêle. On y passe Balavoine, Dalida, Sheila. Samir contrôle la playlist depuis l’application YouTube de son smartphone, posé sur le comptoir. Quand Cabrel passe, il fredonne les refrains. Un client allume une cigarette. Ici, on fume à l’intérieur, mais on refuse la carte bancaire. On se croirait dans un roman de Pagnol version urbaine et 2026.
Au O’Central, chacun à ses habitudes. « Il est midi, c’est plutôt l’heure des anciens. On retrouve les collègues, tout le monde se connaît, glisse Samir. Le soir après la plage, vers 18 heures, on verra les jeunes. Pour eux, on met plutôt du rap. Enfin, la plage, vu la grêle qui tombe… » La bande-son fera sûrement la part belle au rappeur Naps, originaire de la cité voisine de Saint-Mauront. « On l’a connu quand il venait là, qu’il n’était personne. Avant qu’il devienne une star », souligne Samir, en short et maillot de foot noir floqué Lamine Yamal.
Naps a depuis été condamné à sept ans de prison ferme pour viol. Cela n’empêche pas l’un de ses disques d’or d’être toujours accroché au mur. « Je sais pas si c’est un vrai, mais c’est lui qui est venu le déposer », précise le taulier. Devant lui se trouvent deux petites tirelires en plastique : l’une pour un village aux Comores, l’autre « pour la mosquée ». Au fond de l’établissement, une grande télévision projette les........
