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Des cadres supérieurs, des banlieusards et du foot de rue : la France vue d’un terrain de Five

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17.08.2026

Après une heure intense de jeu, on fuit l’odeur du gazon synthétique par la porte du parking aérien. Une brise d’air frais souffle sur les jambes. Le soleil se couche sur les toits de Paris et sur le hangar du Five Paris 18, situé au dixième étage d’une tour en béton de la porte d’Aubervilliers. On délace nos chaussures quand un joueur avenant nous accoste. Leur dixième joueur les a plantés, ils jouent dans cinq minutes. « Tu en as encore dans les jambes, toi, non ? » Le plaisir est trop fort, on rempile pour une heure avec des inconnus.

Comme plus de 3 millions de joueurs réguliers, nous pratiquons le foot à cinq (aussi appelé « Five », en référence à son enseigne la plus connue, ou « Urban Soccer »). En 2022, il comptait en France près de 5 millions de pratiquants occasionnels sur plus de 1 000 terrains. Dix ans après l’explosion de sa popularité, il a peut-être changé le paysage du foot en France.

Souvent cachés sous de grands hangars, ces terrains permettent de jouer peu importe la météo. Il n’y a jamais de flaque ou de trou sur le terrain. Le Five est une bénédiction pour les joueurs occasionnels, puisque les bords fermés et la petite taille du pré masquent les écarts de niveau.

En partie seulement : cette dimension réduite favorise les joueurs les plus techniques, capables de conserver et de distribuer la balle rapidement. « Ça se joue dans des petits espaces, c’est la qualité technique et le cerveau qui parlent. Tu ne joues que dans des zones de vérité. Donc tu peux tout le temps déstabiliser l’adversaire ou être en danger. C’est excitant », s’enthousiasme Marwan, intermittent du spectacle originaire de Créteil (Val-de-Marne), et joueur à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

« Un espace de respiration »

Le Five valorise le pur plaisir du jeu, par rapport à un foot en club très compétitif et émaillé de tensions, constate Jérémie Peltier, directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès et ancien pratiquant occasionnel : « On y va pour se détendre, s’amuser avec ses potes. C’est un espace de respiration, où l’absence de sérieux est assumée, avec une........

© Le Point