Un jugement et beaucoup d’angles morts
La décision de la Cour suprême sur l’accès des demandeurs d’asile aux garderies subventionnées a déclenché une levée de boucliers dans la classe politique. En quelques heures à peine, chacun devait choisir son camp : pour ou contre.
Plusieurs contribuables ressentent de la frustration – parfois même de la colère – avec raison, devant l’idée que des services publics déjà sous pression puissent être accessibles à des personnes arrivées récemment au pays, dont certaines ne sont même pas sur le marché du travail.
Mais la décision ne portait pas d’abord sur l’immigration. Elle portait sur la discrimination envers les femmes. Les juges ont estimé que l’exclusion des demandeurs d’asile avait un effet disproportionné sur les mères, souvent empêchées de travailler faute de services de garde. Mais la Cour met dans le même panier celles qui ont un permis de travail et celles qui n’en ont pas. Celles qui peuvent contribuer économiquement à la société et celles qui ne peuvent pas, notamment à cause du laxisme d’immigration Canada qui tarde à délivrer les fameux permis de travail. Et c’est là qu’on décroche en lisant le jugement.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
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Et c’est aussi là où l’utilisation de la clause dérogatoire devient une avenue qui s’impose. C’est pour corriger le manque de nuance du jugement, l’absence d’équilibre, les multiples angles qu’il ne prend pas en compte. Et si c’était un homme demandeur d’asile dont il était question, serait-on arrivé à la même situation ?
Protégeons les enfants
La loi invoquant la clause dérogatoire ne devrait pas, elle non plus, faire abstraction des nuances qui s’imposent. Pensons notamment aux enfants qui fréquentent déjà le réseau : des bambins de quelques mois à cinq ans. Les retirer brusquement de leur milieu de garde pour libérer des places serait tout simplement inhumain.
D’ailleurs, combien de ces enfants sont nés au Québec après l’arrivée de leurs parents et sont donc citoyens canadiens ? Le système se fonde sur le statut des parents, pas sur celui de l’enfant. Est-il juste que des enfants canadiens soient pénalisés pour la situation administrative de leurs parents ?
