Un sans-faute pour Fréchette
Depuis son accession au leadership de la CAQ, Christine Fréchette nous a présenté une série d’événements sans fautes.
Le contraste avec le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon est remarquable.
Le jour de l’assermentation du cabinet Fréchette, un PSPP bougon est venu à l’Assemblée nationale pour maugréer sa désapprobation avec la taille du Conseil des ministres de la CAQ.
Il devrait plutôt garder un œil sur la taille des appuis de Christine Fréchette.
La seule chance pour le PQ de gagner une majorité est d’abandonner la promesse de tenir un référendum. Il n’y a pas de chance que PSPP fasse ça. Comme toujours, il se croit en tranquille possession de LA vérité.
L’année dernière, les électeurs québécois et canadiens ont démontré que parfois leurs choix de cœur doivent faire place à un choix de raison.
C’était une bataille épique sur fond de menaces de Donald Trump.
Mes anciens compagnons du NPD m’en voulaient d’avoir prédit leur débâcle. Je ne faisais qu’observer.
Tout comme le Bloc qui a perdu beaucoup de sièges, le NPD a subi l’effet d’un vote stratégique. La priorité était de battre Poilievre, le véhicule était Carney.
Ça sera la même chose cette fois-ci au provincial. Il y aura un mouvement de foule, inexorable, dans les dernières semaines de la campagne électorale. Lorsque 75 % des gens ne veulent rien savoir d’un référendum et encore moins de la séparation du Canada, il y aura un vote stratégique.
LA QUESTION DE L’URNE
La seule question de l’urne devient : qui peut être le véhicule pour battre le Parti Québécois. La CAQ de Fréchette se dessine comme ce choix.
Dans son discours de victoire, Fréchette a indiqué qu’elle avait voté Oui en 1995. Elle dit que le Québec demeure maître de son destin, mais que c’est le pire moment de tenir un autre référendum. Elle rejoint beaucoup de Québécois en disant ça.
Le chef Libéral, Charles Milliard a démontré une incapacité étonnante à donner des réponses solides sur des questions concernant la clause nonobstant et la protection du français. Malgré son intelligence et sa détermination, il n’a absolument aucune expérience politique et on sent qu’il n’est pas prêt.
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, continue de radoter ses formules simplistes qui ne font que rappeler aux électeurs que lui aussi n’a aucune expérience.
Quant à Québec solidaire, sa vision sociale est plus nécessaire que jamais, mais il n’y aura pas de place pour eux lorsque les électeurs décideront qui peut battre le PQ.
Subtilement, Fréchette est en train d’ouvrir la porte aux électeurs anglophones et allophones qui, traditionnellement, votent libéral. À cette fin, Ian Lafrenière est un choix inspiré comme vice-premier ministre.
François Bonnardel, lui-même fils d’immigrant, comme ministre de l’Immigration incarne une branche d’olivier qui rompt avec le ton cassant de Jolin-Barrette et Roberge.
Jack Layton et moi avons prouvé qu’il est possible de dépasser les libéraux, même dans leurs châteaux forts.
Christine Fréchette est en train de faire le même pari.
