Les transfuges de Carney
Aux dernières élections fédérales, Mark Carney, présenté comme le sauveur du Canada par la technostructure fédérale et les élites canadiennes, est parvenu à renverser la tendance qui poussait au congédiement du PLC, et à le maintenir au pouvoir, pour empêcher l’annexion du pays par Donald Trump.
C’était une opération de propagande exceptionnelle, qui nous a rappelé que le Canada est un pays à parti unique, ou presque.
Car le PLC domine la fonction publique, la radiotélévision fédérale et les milieux économiques, sauf en Alberta. Ce qui fait que même lorsqu’il est dans l’opposition, ce qui n’arrive pas si souvent, il domine le pays, et que même lorsque les conservateurs sont au pouvoir, ce qui n’arrive pas si souvent non plus, ils sont dans l’opposition.
Mais voilà, Mark Carney a raté sa majorité de quelques sièges.
Que faire alors ? La voler, tout simplement. La voler comment ? En débauchant les députés conservateurs les plus arrivistes, les plus opportunistes, les plus ambitieux, les uns après les autres, pour qu’ils rejoignent le caucus libéral.
Ils étaient de droite, même très à droite, ils s’étaient fait élire avec un programme, avec un discours, avec un chef, pour représenter des électeurs qui ont voté pour eux pour cela, et désormais, ils les trahissent, sans gêne.
On ne saura jamais exactement ce qui leur a été promis pour passer d’un parti à l’autre, en politique, tout n’est pas transparent, mais nous sommes en droit de craindre le plus gênant.
Rien d’illégal, évidemment, mais rien d’éthique non plus.
On nous dira : notre système politique autorise les transfuges. Vrai. Dans des cas limites. Dans des situations historiques. Rien de tout cela ici.
Nous sommes devant une opération de débauchages pour construire une majorité démocratiquement refusée.
Mark Carney n’a pas la personnalité extravagante de Donald Trump, mais il est aussi autoritaire. Mais puisqu’il l’est calmement, nous faisons semblant de rien.
