Le Québec, l’Écosse
Longtemps, les Écossais ont pris pour modèle les Québécois.
Je parle évidemment des indépendantistes écossais, qui croyaient que les indépendantistes québécois montraient le chemin vers une indépendance réussie.
Évidemment, le désenchantement est venu. Le Québec a raté son indépendance – on pourrait aussi dire qu’on la lui a volée.
Cela dit, les deux nations se regardent encore avec intérêt parce que, dans le monde occidental, elles sont les mieux placées pour rejoindre le club des États souverains. Et les années à venir confirment la chose.
Les Écossais, de nouveau, sont tentés par l’indépendance, et les Québécois pourraient bien connaître un troisième référendum d’ici quelques années.
On dit le nationalisme écossais plus économique qu’identitaire. Il faut toutefois nuancer.
La différence linguistique n’est évidemment pas la même.
L’Écosse deviendrait un pays demain que le gaélique demeurerait une langue folklorique. L’identité écossaise s’exprime autrement.
Au Québec, si le français s’efface ou devient folklorique, c’est l’identité québécoise qui disparaîtra, tout simplement.
Mais ce que ces deux nations ont en commun, c’est le profond désir d’exister par elles-mêmes, d’être pleinement responsables de leurs affaires.
L’aspiration à l’indépendance est naturelle. Elle façonne l’histoire du monde depuis des siècles, même si, selon les époques et les contextes, elle s’est exprimée de différentes manières.
Évidemment, les peuples à la recherche de leur indépendance se font toujours expliquer qu’ils devraient y renoncer. Qu’elle coûterait trop cher. Que mieux vaut appartenir à un grand ensemble, même si, dans ce grand ensemble, ils sont appelés à se dissoudre et contraints de négocier, au mieux, pour avoir quelques droits, sans jamais détenir le vrai pouvoir, celui d’être maître chez soi.
Le maître explique toujours à ceux qui le servent qu’ils devraient demeurer à son service et qu’ils profitent ainsi d’une tutelle bienveillante.
Cette propagande, qui relève du conditionnement psychologique et de la manipulation mentale, fonctionne souvent. On verra si elle fonctionnera demain en Écosse et au Québec.
