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Notre passion collective

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26.04.2026

Il y a un peu plus d’un demi-siècle, le hockey canadien faisait un bond de géant tout aussi inattendu que douloureux. Jusqu’alors, les joueurs canadiens étaient convaincus d’être les meilleurs au monde et peu de gens osaient contester cette assertion.

La mythique Série du siècle, qui pour l’équipe canadienne ne devait être qu’une simple formalité, allait remettre les pendules à l’heure, et de façon assez brutale : le 2 septembre 1972, l’équipe du Canada s’inclinait au compte de 7 à 3. Bien sûr, à 34 secondes de la fin du huitième et dernier match, Paul Henderson sauvait l’honneur du Canada. Mais le doute s’était installé durablement dans les esprits.

Les Soviétiques avaient développé un système de jeu totalement différent. Face à une équipe canadienne composée de vedettes de la LNH, les Soviétiques ont imposé une approche plus créative, structurée, collective et scientifique. Les joueurs restaient en mouvement constant, les passes étaient rapides et précises et les membres de la formation étaient coéquipiers depuis des années.

Habité par la certitude de sa supériorité, le hockey canadien n’avait pas évolué depuis des décennies, axé qu’il était sur les exploits individuels.

J’avais évidemment regardé tous les matchs de la série. Je connaissais bien les joueurs vedettes choisis pour affronter l’URSS. Sur 32 joueurs, 10 étaient Québécois, notamment : Serge Savard, Guy Lapointe, Gilbert Perreault, Marcel Dionne, Jean Ratelle, Rodrigue Gilbert et Yvan Cournoyer. C’était le tiers de l’équipe.

Un demi-siècle plus tard, le Canadien de Montréal offre un spectacle largement inspiré de la fameuse équipe soviétique de 1972. C’est aussi vrai pour le Lightning de Tampa Bay.

Le hockey est infiniment plus rapide qu’il y a 50 ans et le jeu est beaucoup plus structuré. Mais en regardant la série opposant Montréal à Tampa Bay, une autre chose saute aux yeux : à l’exception du défenseur vedette Mike Matheson, on ne retrouve que cinq autres joueurs québécois dans l’alignement du Canadien : Zachary Bolduc, Alexandre Carrier, Phillip Danault, Joe Veleno et le pauvre Samuel Montembeault, tous des joueurs de soutien.

Chez les adversaires, on ne retrouve que deux Québécois, qui sont davantage des joueurs de soutien, soit Yanni Gourde et Charles-Édouard D’Astous.

Mais où sont passées les supervedettes québécoises ?

Nos joueurs sont-ils victimes de discrimination ? Certainement pas. Si une équipe s’avisait d’en faire, elle en paierait chèrement le prix, risquant de lever le nez sur de futures vedettes. Les joueurs viennent de partout dans le monde et les seuls critères qui s’imposent sont le talent et l’ardeur au travail.

En 2021, le gouvernement Legault créait le Comité québécois sur le développement du hockey, présidé par l’ancien gardien Marc Denis. Six mois plus tard, le comité remettait son rapport, dont l’une des principales recommandations était de faire le ménage dans les multiples structures qui encadrent le développement des jeunes joueurs.

Il faut vivre à Montréal pour réaliser à quel point le hockey est un facteur unificateur pour toutes les communautés qui composent la ville et ses banlieues.

L’euphorie qui règne présentement dans la métropole est grisante. Je souhaite ardemment que le gouvernement qui sera élu en octobre prochain passe à l’action et pose les gestes nécessaires pour le développement des futurs Richard, Béliveau, Savard, Lafleur et Roy...


© Le Journal de Québec