J’en ai assez des militants déguisés en «experts»!
Nos médias regorgent de gens qu’on nous présente comme des « experts ».
Chaque sujet fait automatiquement émerger ses « experts », toujours prêts à nous éclairer.
On nous dit de ne pas stigmatiser toutes les personnes transgenres sur la base de la tuerie de Tumbler Ridge.
Bien d’accord, mais les gens qui répétaient cela dans nos médias étaient des militants.
Leur nombre écrasait ceux qui rappelaient les lourds problèmes de santé mentale de l’individu en cause.
On nous dit que les programmes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) améliorent la productivité des entreprises.
La science disponible ne montre rien de tel.
Ceux qui le répètent sur toutes les tribunes sont des partisans de ces mesures, qui sont souvent leur gagne-pain.
Juge et partie, on nous les présente pourtant comme des « experts » objectifs.
Radio-Canada avançait récemment que les suprémacistes blancs étaient la « principale menace extrémiste à motivation idéologique au Canada ».
C’est possible, mais cette affirmation se basait sur l’opinion d’un homme qui admet sans détour s’intéresser uniquement à la violence d’extrême droite.
C’est comme demander à Greenpeace un point de vue objectif sur la crise climatique.
On parle beaucoup de la montée de l’homophobie dans nos écoles.
Avez-vous noté que les gens interviewés récemment sur le sujet détournaient systématiquement la conversation quand on soulevait l’hypothèse parfaitement raisonnable d’un possible lien entre cette montée et l’augmentation du nombre d’élèves musulmans ?
Je pourrais multiplier les exemples.
Il est vrai que ces gens invités à commenter ont souvent une réelle connaissance du sujet, mais justement parce qu’ils sont des militants, leur point de vue sera orienté et incomplet.
Citons-les, d’accord, mais ne les présentons pas comme les autorités scientifiques objectives qu’ils ne sont pas.
Deux facteurs aggravent ce glissement.
D’abord, plusieurs jeunes journalistes ont du mal à faire la différence entre un expert et un militant.
Il faut dire qu’ils se considèrent souvent eux-mêmes comme des militants.
Comme ils ne croient pas à l’objectivité, ils chercheront l’« expert » qui penchera du même côté qu’eux.
Ensuite, il faut nourrir continuellement l’insatiable bête médiatique.
On n’a guère le temps d’approfondir.
Il faut vite pouvoir citer quelqu’un qui aura l’air de savoir de quoi il parle.
Les gens prêts à se ruer devant les micros ont compris tout le profit qu’ils pouvaient en tirer.
Voilà pourquoi, selon le sujet, ce sont toujours les mêmes personnes qu’on cite ou qu’on invite en ondes pour commenter.
J’ai fait un doctorat sur les réformes dans le domaine de la santé.
J’ai passé la majeure partie de ma vie d’adulte à l’université.
Pourtant, j’hésite à me qualifier d’expert en quoi que ce soit.
Je vois cependant dans les médias des gens qui ont 30 ans de moins que moi et qui semblent tout savoir. Wow !
Il existe pourtant des spécialistes animés par le souci de chercher une vérité objective, qu’elle plaise ou pas.
Ce sont eux que je voudrais entendre, pas les vendeurs de salade.
