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CBC/Radio-Canada trahit tous nos médias

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10.03.2026

Où est le conseil d’administration de CBC/Radio-Canada ? Où est Marie-Philippe Bouchard, la PDG ? Où est son conseil d’administration ? Où sont les défenseurs de l’identité canadienne ? 

Dany Meloul, vice-présidente principale du réseau français de Radio-Canada, et Douglas Smith, son alter ego du réseau anglais, ont-ils pris seuls la décision aberrante de confier à Amazon Prime Video la diffusion sur internet des deux chaînes d’information en continu RDI et CBC News ?

La décision est d’autant plus intolérable qu’Amazon est l’un des trois géants (Apple et Spotify étant les autres) qui ont fait appel en Cour fédérale de la décision du CRTC les obligeant à verser 5 % de leurs revenus annuels pour soutenir le contenu canadien. Une décision que la Cour s’était engagée à rendre avant le 31 août dernier, mais qui est toujours pendante.

Mesdames Marie-Philippe Bouchard et Dany Meloul ayant toutes deux fait leurs études de droit auraient pu avoir la sagesse élémentaire d’attendre la conclusion de cette cause avant de décider si Amazon pouvait devenir un « partenaire d’affaires » de la société d’État. N’importe quelle entreprise privée aurait agi de cette façon.

Le diffuseur public est-il intouchable ?

CBC/Radio-Canada jugerait donc qu’elle est même au-dessus du comportement habituel de l’entreprise privée. Dans ce cas particulier, le diffuseur public a oublié ses obligations morales à l’endroit des médias et a fait fi de sa propre responsabilité dans la lutte que mènent tous les médias canadiens devant l’envahissement inexorable des GAFAM.

Il faut avoir entendu, lundi matin, l’entrevue de Dany Meloul, en poste depuis janvier 2024, à l’émission Tout un matin de Radio-Canada, pour réaliser qu’elle n’a aucune sensibilité concernant cette lutte. Pas plus que la présidente, semble-t-il.

Pouvant compter annuellement sur 1,4 milliard $ d’argent public, sans compter les quelque 80 millions que lui apportent les producteurs indépendants par le biais du Fonds des médias, CBC/Radio-Canada n’a évidemment rien à craindre pour sa survie. Que le diffuseur public soit assez insensible au sort des médias privés pour offrir ses deux chaînes d’information à l’un des GAFAM qui les assaillent et menacent leur existence même dépasse l’entendement.

Une véritable trahison

Si CBC/Radio-Canada a annoncé une entente pareille le jour même où ses chaînes devenaient disponibles sur Amazon Prime Video, si son personnel n’en a pas été prévenu et qu’on n’a pas jugé bon d’en faire la promotion, c’est que la direction du diffuseur public n’ignore pas qu’elle faisait ainsi un odieux pied de nez à tout le milieu de la télévision, en plus de faire fi de toutes les revendications contre l’invasion des GAFAM.

Les Canadiens qui ne sont pas abonnés au câble ou au satellite devront s’abonner à la société américaine Prime Video (moyennant 4,99 $ par mois plus taxes) pour savoir ce qui se passe dans leur propre pays. Au lieu de transformer tou.tv et CBC Gem, les deux plateformes que CBC/Radio-Canada possède, ou au lieu de créer de nouvelles plateformes, le diffuseur public a choisi le chemin le plus court et le plus facile sans aucun égard à ses responsabilités sociales et politiques.

En plus de se tirer dans le pied, le diffuseur public trahit ainsi tous les médias du pays qui luttent pour leur survie contre les GAFAM.


© Le Journal de Québec