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Vos impôts à l’ouvrage à Ottawa

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03.03.2026

Quand les faits parlent d’eux-mêmes, on les laisse parler.

Inutile d’ajouter de la sauce piquante.

J’ai le courriel d’invitation dans son intégralité sous les yeux.

C’est Jonathan Kay, rédacteur en chef de Quillette et collaborateur au National Post, qui a eu la gentillesse de me l’acheminer.

Dans ce courriel du 5 janvier, diffusé au sein de la fonction publique fédérale, l’expéditrice (son nom importe peu) annonce la tenue, le 4 mars, d’une conférence sur Teams, dont l’hôte principal sera le ministère des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (CIRNAC, en anglais).

Le titre de la conférence sera « Ménopause intersectionnelle et changement : transitions personnelles, évolutions professionnelles ».

Dans le jargon woke, l’intersectionnalité se réfère au fait, pour une personne, de combiner plusieurs sources d’oppression.

Par exemple, être une femme noire pauvre sera triplement handicapant : par le sexe, par la couleur et par le statut économique.

Serait-ce que la ménopause est vécue différemment selon le statut économique ou la couleur ?

J’imagine que nous aurons un début de réponse le 4 mars.

Le conférencier annoncé est le docteur James Makokis, un homme biologique, un médecin autochtone de la nation crie de Saddle Lake, en Alberta.

Il se dit bispirituel. La bispiritualité, selon Radio-Canada, c’est la conviction de posséder « deux esprits, un masculin et l’autre féminin ».

« C’est une identité sexuelle, spirituelle et de genre, poursuit la société d’État, qu’on retrouve uniquement chez les Autochtones. »

La bispiritualité, c’est le « 2S » dans « 2SLGBTQI+».

M. Makokis est aussi gai. Lui et son mari, Anthony Johnson, ont remporté la septième saison de la téléréalité The Amazing Race Canada.

Le courriel annonçant la conférence précise que l’on cherche aussi une personne pour animer la rencontre et assister le conférencier.

On voudrait que cette personne fasse partie de l’une des catégories suivantes : transgenre, non-binaire, minorité visible, communauté racisée ou « d’autres groupes en quête d’équité ».

Lundi, à 8 h 36 du matin, j’ai demandé aux organisateurs de l’événement pourquoi il était important que cet animateur vienne de ces groupes, quels liens spécifiques il y a entre ces groupes et la ménopause, et quels seraient les honoraires du conférencier.

À 14 h de l’après-midi, heure à laquelle je devais envoyer mon texte à la rédaction du Journal, on ne m’avait pas répondu.

Bref, un Autochtone gai et bispirituel parlera de ménopause à des fonctionnaires fédéraux, lors d’une conférence animée par une personne trans, ou non binaire, ou « racisée », ou appartenant à un autre groupe « en quête d’équité ».

Tout cela aux frais des contribuables et sur les heures normales de bureau.

Je vous l’ai dit plus haut, je ne donne que les faits.

Mon petit doigt me dit que vous et moi pensons pas mal la même chose.


© Le Journal de Montréal