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À l’aube d’un grand renouvellement politique

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03.03.2026

Le Québec est une société tricotée serrée. Or, ici comme ailleurs, année après année, les sondages montrent que les citoyens sont nombreux à ne pas savoir vraiment qui sont les femmes et les hommes qui les gouvernent.

En entendant la liste de départs annoncés d’élus qui ne cesse de s’allonger à quelques mois des élections, cette observation m’est revenue.

Plusieurs s’apprêtent à tourner la page sur leurs années à l’Assemblée nationale, dont le premier ministre.

François Legault. Christian Dubé. Geneviève Guilbault. Sonial LeBel. Marwah Rizqy. Gabriel Nadeau-Dubois. Manon Massé. Vincent Marissal. Caroline Proulx. Etc.

Certains quittent par crainte de mordre la poussière dans leur circonscription. D’autres ont échoué à convaincre le chef d’un autre parti de les rescaper.

D’autres partent par fatigue de siéger à l’opposition. D’autres, après une épreuve traumatisante dans leur vie personnelle, le font par nécessité de se reconstruire.

Dans cette arène ultra-partisane où les horaires sont débiles et où les médias sociaux polarisés tuent dans l’œuf tout débat nuancé, d’autres encore rentreront chez eux par épuisement physique et psychologique.

Idem pour le personnel politique, pressé comme un citron 24/7, mais dont on ne se soucie à peu près jamais.

Et pourtant, tout cela est archiconnu. La vie politique est un tue-monde, comme le disait si bien René Lévesque, décédé lui-même à 65 ans, deux années à peine après son départ humiliant de la politique, en juin 1985.

Et pourtant, comme le disait Jacques Parizeau avec autant de justesse, de la politique – qu’il n’aimait pas beaucoup non plus –, il faut bien en faire.

Dit autrement, la démocratie a beau être imparfaite, elle demeure un des moyens les plus efficaces de faire progresser une société.

Du moins pour ceux et celles qui, au lieu de ne songer qu’à leur gloriole personnelle, y plongent tête première dans l’espoir de travailler pour vrai au bien commun.

Or, l’impression au Québec est que le bien commun n’est plus l’objectif premier du gouvernement sortant.

Plus humaine et moins usante

Les citoyens le voient clairement. C’est pourquoi, même en amenant en renfort une nouvelle cheffe, la CAQ a fort possiblement fait son temps.

L’important ici est que tous ces départs annoncés d’élus, dont les plus brillants, annoncent non seulement la fin d’un régime et d’un cycle politique, ils pavent du même coup la voie à un renouvellement essentiel de la classe politique québécoise.

Alors qu’à la CAQ et chez Québec solidaire la chasse aux nouveaux candidats risque d’être ardue, au Parti Québécois, en avance dans les sondages depuis deux ans, le recrutement va bon train.

Sous son nouveau chef Charles Milliard, l’arrivée de nouveaux visages au Parti libéral du Québec est également probable. Idem chez les conservateurs d’Éric Duhaime.

Il faudra cependant se pencher sur des manières de rendre la vie en politique active plus humaine et moins usante. L’attrait du pouvoir restera néanmoins tout aussi irrésistible qu’il l’est depuis la nuit des temps.


© Le Journal de Montréal