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Qui pourrait réformer l’orthographe française?

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13.05.2026

On l’a vu, la perspective de modifier la règle d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir déclenche des passions. L’orthographe du français est connue comme une des plus difficiles à maîtriser. Contrairement à celle de l’espagnol, du finnois ou de l’italien, elle est peu « transparente » (un son = une lettre). Le son « é » peut être écrit d’au moins dix façons différentes : blé, et, nez, pied, chanter, chanté, chantée, chantés, chantez, chantai et le « è », de quatorze ! Elle oblige à noter des marques grammaticales qui ne s’entendent pas : il(s) chante(nt).

De plus, elle est parfois incohérente : des clous mais des choux, citronnade mais limonade, etc. Non seulement son apprentissage demande énormément de temps en classe et produit de piètres résultats, mais il nuit à celui de la lecture, où, en moyenne, les élèves francophones sont en retard sur leurs homologues éduqués dans d’autres langues.

Y a-t-il des avantages à maintenir une orthographe aussi compliquée, y compris quand elle n’est pas justifiée linguistiquement ? La réponse de la majorité des francophones serait sans doute « non ».

Qui aurait la légitimité de réformer notre orthographe ?

L’Académie française ? Les statuts de 1635 assignent à l’Académie un objectif général assez vague : « Travailler à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure. » En fait, l’Académie n’a pas un pouvoir........

© Le Devoir