Libre opinion | Être à la table ne suffit pas
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis révèlent une transformation profonde de leurs relations. L’interdépendance économique n’a pas fait disparaître les rapports de force. Elle expose plutôt une nouvelle realpolitik américaine fondée sur les zones d’influence.
Dans cette relation asymétrique, les tarifs permettent au plus puissant d’exercer une pression considérable sur le plus faible. La messe n’est pourtant pas dite. Nous n’en sommes qu’au rite pénitentiel. L’échec des derniers pourparlers mérite donc d’être examiné au-delà des gains et des pertes. S’agit-il d’un différend commercial non réglé ou d’une répétition générale des prochaines négociations entourant l’ACEUM ?
Les événements des derniers jours permettent de confronter cette lecture à la réalité. Le 18 août, Donald Trump annonce un « deal » et reporte de trois jours l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs. Deux jours plus tard, Dominic LeBlanc affirmait encore que les deux pays étaient « très près » d’un accord. Pourtant, à quelques heures de l’échéance, les discussions ont échoué. Il serait tentant d’y chercher un gagnant et un perdant. Ce serait passer à côté de l’essentiel.
L’Histoire nous rappelle qu’une négociation peut être bilatérale sans être équilibrée. Hier encore, cette dynamique semblait pouvoir conduire à une entente.........
