Le tournant raté de 1995
Je ne crois pas que Paul St-Pierre Plamondon soit paranoïaque. Dans le contexte actuel, qu’un chef politique décide de tenir son téléphone à distance lors de certaines réunions relève davantage de la prudence que du délire.
Le député néodémocrate Alexandre Boulerice considère qu’un tel comportement relève de la santé mentale. Après les travaux de la commission Hogue, et après que sa propre collègue du Nouveau Parti démocrate, Jenny Kwan, eut été victime de tentatives d’ingérence, sa boutade paraît plus que maladroite, pour rester poli.
Cependant, je ne crois pas que le gouvernement fédéral écoute les conversations de PSPP. Il serait par contre faux de présumer que des acteurs étrangers ou des réseaux d’influence ne tentent pas aujourd’hui de recueillir des informations sensibles. En vérité, ce sont tous les partis politiques qui devraient rester vigilants. Surtout dans un Canada où pourraient se tenir, simultanément, un référendum en Alberta et une élection référendaire au Québec cet automne.
On apprenait la semaine dernière que la première ministre albertaine, Danielle Smith, avait obtenu une cote de sécurité de très haut niveau afin de consulter des renseignements liés aux inquiétudes entourant des groupes étrangers qui encourageraient le mouvement indépendantiste en Alberta.
Déjà, en janvier 2024, l’ancien cadre du Service canadien du renseignement de sécurité et aujourd’hui professeur, Michel Juneau-Katsuya, recommandait que les premiers ministres des provinces se dotent de conseillers en sécurité nationale afin d’améliorer la........
