Idées | Les pénuries d’eau, une occasion à saisir pour acquérir de nouvelles habitudes
Le Devoir vous invite sur les chemins de traverse de la vie universitaire. Une proposition à la fois savante et intime, à cueillir tout l’été comme une carte postale. Aujourd’hui, on décortique notre rapport à l’eau.
Alors que 1,3 million d’habitants de Montréal sont invités à réduire leur consommation d’eau en raison de la détérioration d’une conduite principale, la crise à laquelle fait face la Ville touche non seulement les infrastructures, mais aussi les comportements.
Selon le rapport Global Water Bankruptcy de 2026, publié par l’Université des Nations unies, le monde est passé d’une « crise de l’eau » temporaire à une « faillite hydrique » persistante, où la demande dépasse les apports renouvelables et où la dégradation des zones humides et des lacs rend impossible la restauration de la ressource.
Le rapport fait valoir que le monde a dépassé le stade d’une crise provisoire pour entrer dans une phase plus grave de « faillite hydrique » : de nombreux fleuves, lacs, aquifères, zones humides, sols et glaciers ont subi une surexploitation et une dégradation à long terme à tel point qu’une restauration complète n’est plus envisageable à l’échelle du temps humain. Il ne s’agit pas d’une simple question de pénurie. On a affaire à un déséquilibre structurel entre la demande en eau et les systèmes hydrologiques qui soutiennent la vie, la production alimentaire, la santé et la stabilité économique.
L’avertissement lancé par le rapport est sans appel.
Environ 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée de façon sûre, 3,5 milliards ne disposent pas d’un système d’assainissement efficace, et environ 4 milliards subissent de graves pénuries d’eau pendant au moins un mois chaque année. Près des trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays classés comme étant en situation d’insécurité hydrique ou d’insécurité hydrique critique, ce qui indique que la menace est désormais systémique plutôt que locale. En d’autres termes, le problème ne se limite plus à des sécheresses isolées ou à des infrastructures défaillantes ; il s’agit d’un dépassement cumulatif, c’est-à-dire que les sociétés prélèvent........
