À la jugulaire
Une course à la chefferie n’est pas une partie de dominos. Il est parfaitement normal que les protagonistes échangent des coups, parfois durs. Généralement, on tente néanmoins de faire en sorte que les dommages ne soient pas irréparables.
Celle qui se déroule à la Coalition avenir Québec (CAQ) a plutôt pris la forme d’un derby de démolition. Peu importe qui succédera à François Legault, les deux aspirants se seront si bien déchirés qu’aucun des deux ne sera présentable à la population.
Dès le départ, il était prévisible que Bernard Drainville aurait le dessus dans les débats, qu’on le comprend encore mieux d’avoir voulu multiplier. Plus pugnace de nature, excellent communicateur, fort de l’expérience d’une course, il n’avait rien à perdre, puisqu’on le tenait déjà pour battu. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas déçu.
La surprise, et elle a été mauvaise, est venue de Christine Fréchette. Personne ne s’attendait à ce qu’elle se transforme soudainement en foudre de guerre, mais on misait sur son calme et sa rationalité pour offrir un heureux contraste avec l’impétuosité souvent brouillonne de son vis-à-vis.
Elle n’a malheureusement pas su mettre en valeur les qualités qu’on lui prête, notamment son expertise en matière économique, alors que son adversaire a parfaitement........
