Une décision inévitable
La décision annoncée jeudi par Postes Canada de suspendre la livraison du courrier à domicile marque la fin d’une époque, mais elle s’imposait de manière implacable compte tenu des pertes financières abyssales de la société d’État. C’est un changement « historique » qui heurte la nostalgie et chatouille un certain sentiment de perte, mais le seul rappel du fait que Postes Canada a eu besoin de 2 milliards en prêts depuis 2025 pour assurer sa solvabilité convainc de la nécessité de ce virage.
Environ 4 millions de Canadiens seront touchés par cette transformation, qui s’échelonnera sur cinq ans, pour une transition en douce. Le luxe d’un facteur venant jusqu’au pas de la porte n’est détenu désormais que par le quart de la population du pays. Pour trois adresses sur quatre, les boîtes communautaires font donc déjà partie des habitudes. Les citoyens se rendent jusqu’à un lot de cases postales pour récupérer petits colis et lettres. Ce seul déplacement déjà bien ancré dans la vie de la vaste majorité des Canadiens sert de socle à l’annonce de la semaine : le test de la réalité a déjà été passé haut la main.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Les pertes financières récentes de Postes Canada, qui évite la faillite à coups de milliards en soutien d’urgence, ne relèvent pas de l’anomalie passagère ni d’une mauvaise passe........
