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Pour ne pas mourir dans l’indifférence

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31.03.2026

Ils s’appelaient Serge et Valmont. On sait peu de choses sur ces deux hommes morts à quelques heures d’intervalle, la semaine dernière, dans des refuges pour itinérants d’Hochelaga-Maisonneuve. L’un avait environ 57 ans, l’autre plus de 70. Assis sur une chaise ou allongé dans un lit de fortune, ils sont arrivés au bout d’un corps que la rue avait sans doute usé avant l’heure. Leurs décès devraient provoquer un réveil collectif sur l’immensité des besoins rattachés aux populations âgées itinérantes.

Hélas, Serge et Valmont ne sont pas des exceptions tragiques. Ils reflètent une réalité que les données confirment depuis quelques années et que le milieu communautaire observe avec une inquiétude croissante : la population itinérante montréalaise vieillit, et les ressources censées l’héberger et lui offrir le minimum ne peuvent en rien se comparer à un suivi en clinique ou à l’hôpital, car elles n’ont pas été conçues pour cela.

Une personne sans abri est considérée comme « âgée » dès qu’elle atteint 50 ans. Il ne s’agit pas d’une convention arbitraire : c’est le contrecoup de la rue sur le corps, une réalité physiologique prouvée par la recherche internationale. Les personnes itinérantes développent des maladies chroniques, des troubles cognitifs, des limitations fonctionnelles et des problèmes........

© Le Devoir