Point de vue | Il en faut peu pour être heureux?
Cinq amies et moi étions réunies dans un chalet des Laurentides il y a quelques semaines. Nous avons ri de blagues très peu politiquement correctes, de mon obsession à cuisiner quand je vais dans un chalet et d’un commentaire sur le chat de Schrödinger dans sa boîte. Je me suis esclaffée jusqu’à en avoir mal aux côtes. Nous avons parlé de politique, de parentalité, d’action collective, d’amour et de ruptures. Pendant les deux heures du retour à la maison, seule sur la 50 dans ma Nissan Micra, avec Charlotte Cardin dans le tapis, j’avais un sourire béat. J’avais hâte de retrouver ma fille de deux ans (et demi !) pour lui raconter ma journée avec mes amies. D’habitude, nous faisons un chalet de mamans avec bébés, mais cette fois, nous avons laissé nos rejetons à leurs pères. Le mien avait préparé des pâtes sauce rosée et fait le lavage. En arrivant à la maison, je me suis dit que j’étais heureuse.
C’est d’ailleurs la question à laquelle tentait de répondre l’Organisation des Nations unies vendredi : qu’est-ce que le bonheur ? Le Rapport mondial sur le bonheur est publié par le Centre de recherche sur le bien-être de l’Université d’Oxford, la firme Gallup et le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies. Sans surprise, les pays nordiques arrivent au sommet (Finlande, Islande et Danemark en trio de tête), et les pays en guerre ou à très faible revenu ferment le classement de 147 pays — du Liban (41e) à l’Afghanistan (147e). Les États-Unis ne font même plus partie des 20 pays du haut de cette échelle internationale du bonheur, et sont relégués au 23e rang, deux au-dessus du Canada, qui dégringole lui aussi........
