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Tuer la poule aux œufs d’or

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03.04.2025

C’est fatal : les sociétés qui investissent massivement dans la recherche et développement (R-D) prospèrent, tandis que celles qui ne le font pas s’essoufflent et déclinent. C’est l’immense danger qui pend au bout du nez des États-Unis alors que le gouvernement Trump pilonne sans répit les hauts lieux du savoir. Les secousses sont si fortes qu’elles se ressentent jusque dans nos universités. Rendu à de telles extrémités, c’est le monde entier qui devrait retenir son souffle.

La science d’aujourd’hui est éminemment collaborative. À titre d’exemple, selon les disciplines, du quart jusqu’au tiers de nos publications scientifiques sont signées à plusieurs mains avec des scientifiques états-uniens. Tous ces experts se retrouvent bien malgré eux soumis au climat de contrôle et de punition qui a mené à des coupes draconiennes dans les milieux universitaires et de la recherche chez notre voisin du Sud, à des annulations en série, comme celle vécue par la Dre Joanne Liu dans son alma mater, mais aussi à des effacements massifs de données et de concepts clés, voire à des expulsions pures et simples.

Une censure aussi protéiforme est en soi un mal terrible. Son ombre ne l’est pas moins, puisqu’elle ouvre à un tort plus insidieux, mais tout aussi dommageable, soit l’autocensure, un mal contre lequel notre Loi sur la liberté académique........

© Le Devoir