Les malades de l’attente
Même au plus fort des crises qui ont secoué le grand corps malade de la santé, une certitude demeurait, immuable, rassurante, presque consolante. Une fois « rentrés » dans le système au fil d’un épuisant marathon, les patients en détresse n’avaient plus à s’inquiéter. Ils se savaient enfin pris en charge par des soignants d’une grande compétence. Voilà que ces derniers subissent à leur tour les affres d’attentes en série qui s’étirent au-delà du raisonnable en pathologie. Et oui, c’est grave, docteur. Très grave.
Ce n’est pas la première fois que la réforme des laboratoires Optilab fait parler d’elle. La centralisation miraculeuse qu’on nous avait vendue dès 2011 n’a jamais eu lieu. Au contraire, une planification déficiente et des retards persistants sont venus plomber cet écosystème vital officiellement mis en branle en 2017. Déjà en pénurie, celui-ci est en proie à une augmentation fulgurante des demandes. Quand plus de 85 % des diagnostics reposent sur les analyses réalisées en laboratoire, on voit vite comment la catastrophe a pu prendre une telle ampleur.
Des sorties publiques alarmées, il y en a pourtant eu plusieurs, de la part des soignants, des élus, des patients. En vain. Rien de véritablement structurant n’a été mis en place pour en freiner la perte de contrôle. Or, sans laboratoires publics solides et agiles,........
