Ce que nous enseigne le cas albertain
Faut-il s’inquiéter du regain de puritanisme qui souffle sur les écoles albertaines ? Là-bas, la première ministre a annoncé une consultation publique à laquelle tous les Albertains ont été priés de mettre leur grain de sel. Parents ou pas, lecteurs ou non, professionnels ou profanes : tous sur un pied d’égalité. « Il ne s’agit pas d’interdire des livres, mais de protéger les enfants », a expliqué Danielle Smith.
Interdire. Protéger. On pourra se quereller sur le sens à donner aux mots dans un tel débat, cela ne changera rien au résultat : retirer des bibliothèques scolaires les œuvres jugées trop « explicites » ou « inappropriées » pour un public de jeunes curieux. Par qui et selon quels critères ? C’est là que le diable — qui adore les détails — intervient.
Le ministère albertain de l’Éducation affirme avoir trouvé « plusieurs livres » contenant des représentations d’actes sexuels et d’agressions sexuelles sur les rayons des bibliothèques scolaires de la province. Sans chiffrer le phénomène, il a cité en exemple quatre livres qui, à son avis, auraient dû être interceptés par les écoles si celles-ci avaient été guidées par des normes provinciales dignes de ce nom.
La conclusion a fait sursauter les écoles publiques d’Edmonton, le Conseil scolaire de Calgary et l’Association des bibliothèques de l’Alberta, qui ont........
