Le défi de la première ligne en santé et services sociaux
Le texte récemment diffusé par l’ancien ministre de la Santé Christian Dubé expose sa vision des changements souhaités pour le réseau de la santé québécois. Or, les services sociaux, la prévention et la notion de « prendre soin » y occupent une place limitée. L’accent demeure surtout sur la santé entendue comme soins aux maladies. Ce qui frappe en particulier, c’est l’absence de propositions concrètes sur l’organisation de la première ligne, pourtant la porte d’entrée des services sociaux et de santé offerts à la population. Le guichet d’accès à la première ligne et l’interdisciplinarité y sont évoqués, mais sans proposition structurante à la hauteur des enjeux.
Le Québec n’est pas seul à faire face à ce défi : les sociétés occidentales peinent à offrir des services sociaux et de santé accessibles, équitables et financièrement soutenables. Pourtant, le Québec avait innové il y a cinquante ans avec les CLSC, conçus comme des services communautaires de proximité. Les réformes successives, la centralisation accrue et le développement de services privatisés n’ont toutefois pas permis d’assurer l’accessibilité recherchée. Aujourd’hui, le système ne répond pas adéquatement aux attentes de la population, et les orientations actuelles vers davantage de privatisation et de centralisation risquent d’amplifier le problème plutôt que de le résoudre.
Il ne s’agit pas ici de faire le bilan des cinquante dernières années, de nourrir la nostalgie des CLSC ou de chercher des responsables. Il s’agit plutôt de proposer un processus capable de reconstruire une première ligne sociale et médicale de proximité, centrée sur l’accessibilité, la prévention, la santé globale et l’équité. Cette démarche devrait reposer sur un nouveau contrat social associant la population, les intervenantes et intervenants, les groupes communautaires, les organisations locales, les partis........
